TSMC devrait annoncer jeudi un bénéfice record pour le troisième trimestre, en bonne partie grâce à la demande en puces pour l’intelligence artificielle. Les investisseurs attendent aussi des précisions sur une possible expansion du fondeur taïwanais au Texas.

Porté par l’essor de l’intelligence artificielle, TSMC enchaîne les trimestres record. © Bangla press / Shutterstock
Porté par l’essor de l’intelligence artificielle, TSMC enchaîne les trimestres record. © Bangla press / Shutterstock

Rien, pour le moment, ne semble freiner TSMC, le premier fabricant mondial de puces avancées pour l'intelligence artificielle. Si tout va bien, l'entreprise devrait signer, jeudi, un nouveau trimestre record. Le géant taïwanais, entreprise la plus valorisée d'Asie et fournisseur clé de NVIDIA et d'Apple, verrait son bénéfice net bondir de 65 % sur un an, tandis que sa conférence avec les investisseurs pourrait lever le voile sur ses projets au Texas. C'est du moins ce que laissent présager les estimations des analystes relayées par Reuters.

Un bénéfice record, la bonne habitude qu'est en train de prendre TSMC

Jeudi, TSMC présentera ses comptes du troisième trimestre, et les attentes sont déjà très élevées. L’agence de données financières LSEG a compilé les prévisions de 16 analystes, en accordant plus de poids à ceux qui se trompent le moins souvent. Son verdict est que le fondeur taïwanais devrait dégager un bénéfice net de 746,3 milliards de dollars taïwanais, soit environ 23,4 milliards de dollars, ou près de 21 milliards d'euros.

Pour battre son record, il lui suffit de dépasser 706,56 milliards, le niveau déjà atteint au trimestre précédent. Ce serait aussi le onzième trimestre d’affilée où ses profits progressent. L’action TSMC a gagné 63 % depuis janvier. C’est pourtant un peu moins que l’ensemble de la Bourse de Taïwan, qui a grimpé de 69 %. TSMC est aujourd'hui la septième capitalisation boursière mondiale, à plus de 2 000 milliards de dollars, devant des mastodontes comme Meta, Broadcom ou encore Tesla, excusez du peu.

Le chiffre d’affaires de la firme a déjà été dévoilé la semaine dernière. Il a bondi de 50 % sur un an pour atteindre un niveau record, bien au-delà des attentes. Selon les analystes, les clients de TSMC se disputent toujours ses capacités de production de puces pour l’IA. Ils réclament aussi le CoWoS, une technique d’assemblage qui place le processeur et sa mémoire côte à côte sur un même support pour accélérer leurs échanges. Les puces gravées en 3 nanomètres comptent également parmi les plus demandées. Plus la gravure est fine, plus on loge de transistors sur une puce, ce qui la rend plus puissante et plus économe en énergie.

TSMC veut s'étendre aux États-Unis

Dans un contexte assez incertain, par rapport notamment au regard de la Chine sur Taïwan, un autre sujet brûlant se joue aux États-Unis, où TSMC ne cesse d’étendre sa présence pour produire au plus près de ses grands clients américains. Le groupe consacre déjà 265 milliards de dollars à la construction d’usines de puces en Arizona, une enveloppe gonflée de 100 milliards en juillet. Et il pourrait ne pas s’arrêter là, car en septembre, on apprenait que TSMC étudiait aussi un investissement au Texas. Une piste relancée la semaine dernière par Elon Musk. Le patron de Tesla et SpaceX a annoncé que ses entreprises construiraient et exploiteraient Terafab, un gigantesque complexe consacré aux puces pour l’IA, situé près d’Austin. TSMC pourrait en louer une partie pour y installer ses propres lignes de production.

Faut-il vraiment ouvrir un second front au Texas ? Les analystes ne sont pas d’accord. Pour les uns, ce sera bientôt une nécessité, car les commandes affluent, et le site de l’Arizona risque de manquer de place d’ici cinq ans. Pour les autres, il n'y a pas vraiment d’urgence, puisque plusieurs usines prévues dans l'État américain ne sont même pas encore sorties de terre. Le Texas dispose en tout cas de vrais atouts pour une expansion dans les années 2030 ou 2040, grâce à sa longue tradition dans les semi-conducteurs et à son vivier d’ingénieurs.

Mais peut-être est-ce une carotte tendue à Washington, une promesse d’investissement destinée à devancer d’éventuelles mesures commerciales américaines, comme de nouveaux droits de douane, se demandent certains. En attendant, TSMC a les moyens de ses ambitions. En pesant près du double de son rival sud-coréen Samsung, l'entreprise a relevé en juillet ses dépenses d’investissement prévues pour 2026, c’est-à-dire l’argent consacré à ses usines et à ses machines. L’enveloppe passe à 60 à 64 milliards de dollars, contre 52 à 56 milliards auparavant. Jusqu'ici, tout va bien.