Contre le démarchage abusif et les tentatives d'arnaque, Bouygues Telecom lance Anti-Spam, une option qui signale les appels suspects. Intégré au réseau mobile, le service ne nécessite ni application ni configuration de la part de l'utilisateur.

Le téléphone sonne, un numéro inconnu en 06, 07 ou autre s'affiche, avec à l'autre bout du fil, un soi-disant livreur, médecin ou énième vendeur de panneaux solaires ? Pour avoir toutes les informations avant même de décrocher, Bouygues Telecom s'est associé à l'américain Hiya et greffe directement sur son réseau un système d'alerte nourri par des milliards d'événements d'appels chaque mois, que l'opérateur vient d'officialiser ce lundi 28 septembre 2026. Après le succès revendiqué de Branded Call, lancé en juin, Bouygues passe ainsi à l'étape suivante, et proposera, dans quelques jours, cette option… hélas payante.
Anti-Spam, nouvelle solution de Bouygues Telecom qui fait le tri dans les appels à votre place
Selon le bilan 2025 de la plateforme J'alerte l'ARCEP, 94 % des Français déclaraient cette année-là avoir été victimes d'une sollicitation indésirable. On peut donc dire que le fléau du démarchage abusif concerne tout le monde, à quelques exceptions près. Côté mobile, près de neuf utilisateurs sur dix avaient même reçu un appel frauduleux ou non désiré au cours des trois mois précédents. Alors Bouygues Telecom entend renforcer sa « contribution à la lutte contre les appels frauduleux en France ».
Comment l'opérateur compte s'y prendre ? Grâce à une solution baptisée Anti-Spam, qui va jouer les vigies. Dans le détail, lorsqu'un appel douteux arrive, une mention s'affiche sur l'écran, « démarchage potentiel » ou « fraude potentielle », et chacun décide ensuite de décrocher ou non, en connaissance de cause. Bruno Duarte, le directeur général adjoint et directeur des marchés Entreprises et Grand Public, explique redonner aux abonnés « la liberté de choisir les appels auxquels ils souhaitent répondre ».
Ce qui est pratique, c'est qu'il n'est pas nécessaire de télécharger d'application ni de fouiller dans les réglages de son téléphone. La plateforme de Hiya est intégrée directement dans le réseau 4G/5G de l'opérateur, ce qui rend possible un déploiement massif et immédiat. Pour Bruno Duarte, ce choix est « fondé sur l'intégration de l'intelligence artificielle directement au cœur de notre réseau ».
Une IA bien renseignée, mais pas gratuite
Aux manettes, donc, on retrouve Hiya, une société américaine, installée à Seattle. Son moteur repère les appels suspects en temps réel, grâce à des algorithmes assistés par IA qui dressent le profil comportemental de chaque numéro, avec des informations telles que la date de création, le nombre d'appels passés, la durée des conversations… Et la bête ne manque pas d'énergie, puisque sa base, sans cesse actualisée, digère plus de 28 milliards d'événements d'appels par mois, auprès de plus de 550 millions d'utilisateurs dans le monde.
Anti-Spam ne s'adresse pas qu'aux particuliers d'ailleurs. Les entreprises peuvent aussi l'activer sur leurs lignes mobiles. Pour un commercial qui passe ses journées au téléphone, l'alerte permet de repérer d'un coup d'œil les appels douteux et de garder son temps pour les vrais clients et prospects. Quant aux petites structures, qui n'ont pas toujours d'équipe dédiée pour gérer ce type d'attaques, elles y gagnent une sorte de premier rempart contre les arnaques téléphoniques susceptibles de nuire à leur activité.
Tout ça est très encourageant, mais pas gratuit. Côté tarifs, comptez 2 euros par mois et par ligne pour les clients dits grand public avec une disponibilité dès le lundi 5 octobre, et 1 euro pour les professionnels à partir du lundi suivant, soit le 12 octobre. En face, que fait la concurrence ? Orange signale gratuitement les appels indésirables dans son application, mais pour les bloquer, il faut souscrire à l'option Cybersecure, qui protège jusqu'à 10 appareils pour 10 euros par mois. Free les filtre par défaut, sans frais. Reste à voir si l'IA de Hiya justifie ce surcoût et parvient, comme l'ambitionne Bruno Duarte, à « restaurer la confiance dans les échanges téléphoniques ». Jusqu'à maintenant, on pouvait encore parler de chimère…