Selon l'ARCEP, 1,7 million d'appareils ne fonctionnaient encore qu'en 2G cet été en France. Un chiffre encore important, alors que l'extinction de la 2G entre dans sa phase décisive chez Orange.

L'ARCEP, le régulateur des télécoms, a sorti sa calculette quelques jours après que Nice a perdu la 2G d'Orange, et son bilan sur la technologie souffle le chaud et le froid, peut-on dire. En douze mois, le nombre d'appareils uniquement compatibles 2G est passé de 2,9 à 1,7 million en France métropolitaine, une chute de 41 %, certes, mais une baisse qui a marqué le pas au printemps. Surtout, ces chiffres révélés le 24 septembre 2026 et arrêtés fin juin arrivent tard, au moment où Orange s'apprête à éteindre la quasi-totalité de son réseau 2G le 20 octobre, avant SFR et Bouygues Telecom à la mi-décembre. Reste à savoir combien d'appareils seront encore branchés sur la 2G le jour de la coupure, et si le vôtre en fait partie.
Arrêt de la 2G en 2026, 1,7 million de cartes SIM encore dans des appareils 2G selon l'ARCEP
On peut toujours s'étonner du décalage d'un trimestre entre les chiffres constatés et leur révélation, toujours est-il qu'à la fin du mois de juin 2026, 1,7 million de cartes SIM logeaient encore, en métropole, dans des appareils incapables de capter autre chose que la 2G, d'après le cinquième observatoire trimestriel de l'ARCEP. Un an plus tôt, elles étaient 2,9 millions. Parmi elles, 1,06 million équipent des téléphones et terminaux pour la voix, les SMS ou l'Internet mobile. Les 620 000 autres se trouvent dans des équipements dits « M2M » (hors voitures connectées), ces machines qui dialoguent le plus souvent sans intervention humaine, de l'alarme au fameux boîtier d'ascenseur. Soit 1,3 % et 2,4 % de leurs parcs respectifs.
Il est à noter que ce sont les objets connectés, alarmes et boîtiers d'ascenseur en tête, qui décrochent le plus vite de la 2G. Leur parc 2G a été divisé par deux en un an, avec encore 20,5 % de moins sur le seul deuxième trimestre. Un vrai soulagement, car un boîtier privé de réseau ne prévient personne : on découvre la panne le jour où il aurait dû donner l'alerte. Concernant les téléphones et autres terminaux, la baisse est plus poussive, à -13,7 % en trois mois et -35,5 % en un an.
Mais la cadence ralentit, et c'est presque logique. Au deuxième trimestre, le parc 2G a perdu 327 000 cartes SIM, contre 413 000 au premier. L'ARCEP juge pourtant ce rythme « similaire », et toujours supérieur à celui de la fin 2025. En ajoutant les appareils compatibles 3G et 2G, le parc total a reculé d'un tiers en un an, de 5,9 à 3,9 millions. Mais selon nos calculs, à ce rythme, le compteur 2G afficherait encore autour d'un million d'appareils à la mi-décembre, quand SFR et Bouygues Telecom tireront à leur tour le rideau sur la technologie mobile.
Un calendrier qui court plus vite que les statistiques
C'est là que la communication du régulateur trouve ses limites. Son communiqué situe l'extinction de la 2G à trois mois, ce qui colle au calendrier de SFR et de Bouygues Telecom, attendus entre mi-novembre et mi-décembre, Bouygues commençant par Brest, Guipavas, Nancy et Vandœuvre-lès-Nancy. Pour les abonnés Orange, et ceux de Free qui empruntent son réseau 2G, l'échéance tombe bien plus tôt. Après le 20 octobre, seules quelques zones blanches réglementaires, des secteurs mal couverts où les opérateurs se partagent les mêmes antennes, garderont un sursis jusqu'au 15 décembre au plus tard.
Chez Orange, le débranchement a d'ailleurs bien commencé. L'agglomération de Bayonne, Anglet et Biarritz a servi de galop d'essai le 31 mars, avant les Landes et les Pyrénées-Atlantiques en mai, puis sept départements du Sud-Ouest en juin. Nice a suivi le 22 septembre, 44 départements basculeront le 6 octobre et les 43 derniers deux semaines plus tard. Ce grand ménage est, on le rappelle, justifié par la sécurité, les économies d'énergie et la récupération des fréquences pour la 4G et la 5G. Il ne devrait pas coûter de couverture, puisque plus de 99,8 % des sites 2G et 3G sont déjà couverts en 4G.
Quoi qu'il en soit, pour ne pas se retrouver muet, rappelons aussi qu'un téléphone 4G ne suffit pas toujours. Il doit aussi gérer le VoLTE (la technologie voix ou SMS), qui fait passer les appels par le réseau 4G, parfois activable d'une simple mise à jour. Chaque opérateur propose une page pour vérifier son modèle, et mieux vaut contrôler que la 4G ou la 5G est cochée dans les réglages. Pour la téléassistance d'un parent ou l'alarme de la maison de campagne, un appel au fournisseur s'impose. La prochaine étape, ce sera la 3G, qu'Orange et SFR éteindront en 2028 et Bouygues Telecom fin 2029, Free n'ayant encore rien annoncé.