La migration des cartes SIM 2G s'est nettement accélérée depuis le début de l'année, note l'ARCEP, même si avec 4,5 millions de terminaux encore actifs et l'extinction des réseaux prévue dès octobre, le régulateur reste en alerte.

À seulement six mois de l'extinction totale de la 2G en France, l'ARCEP, le régulateur des télécoms, a publié mercredi son quatrième observatoire trimestriel dédié à la migration des cartes SIM. La bonne nouvelle, c'est que la transition s'est accélérée presque deux fois plus vite qu'au trimestre précédent. La moins bonne est qu'il reste encore 4,5 millions de cartes à migrer. Pour l'autorité administrative, le rythme demeure insuffisant au regard des échéances qui approchent.
La migration 2G s'emballe… mais 4,5 millions de cartes SIM résistent encore
Sur le front de la transition numérique, il est à noter qu'au premier trimestre 2026, 688 000 cartes SIM utilisées dans des appareils uniquement compatibles avec la 2G ou la 3G ont basculé vers des terminaux 4G, contre 394 000 seulement au trimestre précédent. Quasiment le double en trois mois, donc. La pression du calendrier d'extinction commence donc à produire ses effets, même si 4,5 millions de cartes SIM restent encore bloquées dans de vieux appareils.
En ce qui concerne les services voix, SMS et internet mobile grand public, 2,13 millions de cartes SIM étaient encore actives dans des terminaux 2G ou 3G/2G à la fin du mois de mars, ce qui équivaut à 2,6 % du parc total. Les appareils purement 2G ont reculé de 14 %, à 1,22 million d'unités. Et les terminaux 3G/2G, eux, ont décroché un peu moins vite, de 7,4 %, pour s'établir à 910 000 cartes actives.
C'est du côté des objets connectés que l'accélération est la plus satisfaisante. Le parc dit Machine to Machine en 2G, donc les puces embarquées dans les ascenseurs, alarmes et équipements industriels, a dégringolé de 21,5 % en un seul trimestre, contre 9,2 % fin 2025. Il en reste 780 000 à migrer. Les professionnels, notamment les ascensoristes, longtemps à la traîne pour diverses raisons, ont pour certain enfin pris conscience de la situation.

Une extinction déjà en marche et six mois pour migrer avant la coupure
L'ARCEP ne mâche pas ses mots et indique qu'à ce rythme, la migration devra encore s'intensifier pour permettre le renouvellement complet des terminaux avant l'arrêt définitif des réseaux. Car le calendrier, lui, n'attend pas. Depuis mardi 9 juin d'ailleurs, sept nouveaux départements, parmi lesquels la Haute-Garonne, l'Ariège, le Gers ou encore le Lot, ont rejoint les zones déjà privées de 2G chez Orange.
L'opérateur historique prévoit l'extinction totale de son réseau 2G en métropole pour le 20 octobre 2026. SFR et Bouygues Telecom emboîteront le pas dès le 15 novembre, avec une généralisation nationale d'ici la mi-décembre. C'est la réalité qui touche aujourd'hui tous les abonnés encore équipés d'un vieux terminal ou d'un objet connecté fonctionnant en 2G.
Pour éviter la coupure, la démarche reste simple. Chaque opérateur propose un outil en ligne pour vérifier la compatibilité de son appareil. Sur les modèles récents, une mise à jour logicielle peut souvent suffire, mais pour les autres, le remplacement sera inévitable. Quant aux professionnels, certains opérateurs prévoient un accompagnement, parfois financier. Mieux vaut ne pas attendre octobre pour s'en préoccuper.