Freiner sur l'IA, c'était le plan d'Anthropic, approuvé par Elon Musk et Sam Altman. Toutefois, deux autres acteurs majeurs de la tech n'approuvent pas. Laissent-ils la place libre à une IA hors de contrôle ?

Mark Zuckerberg ne signera pas le pacte avec Anthropic, SpaceXAI et OpenAI. ©ssi77 / Shutterstock
Mark Zuckerberg ne signera pas le pacte avec Anthropic, SpaceXAI et OpenAI. ©ssi77 / Shutterstock

Les dirigeants de Meta et de NVIDIA, Mark Zuckerberg et Jensen Huang, ont exprimé leur désaccord face aux appels récents visant à réguler et à ralentir le développement des modèles d'intelligence artificielle auto-améliorables. Tous deux estiment qu'une telle intervention réglementaire n'est pas nécessaire.

Cette prise de position fait suite aux déclarations du PDG d'Anthropic, Dario Amodei, qui a préconisé une intervention gouvernementale pour inciter les entreprises du secteur à ralentir simultanément le développement de ces technologies. Dario Amodei propose un plan s'articulant autour de trois axes : le renforcement des évaluations par des tiers au sein de chaque entreprise, l'établissement de normes de sécurité en concertation avec le gouvernement américain, et la signature d'accords internationaux pour restreindre les usages potentiellement dangereux de l'IA.

La responsabilité individuelle des entreprises mise en avant

S'exprimant mardi sur la chaîne CNBC, le PDG de NVIDIA, Jensen Huang, s'est opposé à l'instauration de nouvelles règles. Il a affirmé qu'il existait déjà suffisamment de lois et de réglementations encadrant la fiabilité et le fonctionnement des produits, rendant inutile la création de nouvelles lois ou règles antitrust pour contraindre les entreprises à effectuer leurs travaux d'ingénierie avant la mise sur le marché. Jensen Huang a précisé que la sécurité demeurait importante, mais qu'il appartenait à chaque entreprise de procéder aux tests nécessaires et de retenir un produit tant qu'il n'est pas prêt.

Pour le patron de NVIDIA, ralentir sur l'IA n'est pas une option viable. ©FotoField / Shutterstock

De son côté, Mark Zuckerberg a partagé un avis similaire sur X. Tout en reconnaissant l'importance de la sécurité, le PDG de Meta soutient que la gestion des risques relève de la responsabilité de chaque acteur. Il a indiqué que Meta avait elle-même retardé de plusieurs mois le lancement de son dernier modèle, baptisé Muse, en raison de réserves internes liées à la sécurité, sans pour autant demander au reste du secteur d'interrompre ses travaux.

Mark Zuckerberg a également suggéré que les entreprises concurrentes fassent appel à davantage d'évaluateurs et de conseillers indépendants, à l'instar de ce que réalise Meta, et a souhaité le développement de ce secteur d'évaluation tierce.

Des avis partagés au sein du secteur et de la politique

La proposition formulée par le PDG d'Anthropic avait dans un premier temps reçu un accueil favorable de la part du PDG d'OpenAI, Sam Altman, d'Elon Musk (SpaceX), ainsi que du cofondateur de Google DeepMind, Demis Hassabis.

En revanche, le président américain Donald Trump s'est prononcé contre le plan d'Anthropic et contre toute nouvelle réglementation, qualifiant les inquiétudes relatives à la sécurité de l'IA de « canular ». Il a déclaré que les demandes d'encadrement étaient portées par des forces négatives mettant en avant des situations qui ne se produiront pas.

Mais qui a tout intérêt à empêcher le ralentissement de l'IA ? Certes, les patrons d'OpenAI, Anthropic, Meta et SpaceXAI, mais ces derniers proposent déjà des modèles performants. Cependant, côté NVIDIA, moins de croissance des besoins en puissance de calcul, c'est moins de revenus. La position de Jensen Huang s'explique assez facilement.

Source : PCMag