Donald Trump rejette les scénarios d’une intelligence artificielle capable de menacer l’humanité et les rapproche de ce qu’il appelle « l’arnaque du réchauffement climatique ». Au moment où plusieurs figures de l’IA réclament davantage de prudence, le président américain estime surtout qu’un dirigeant comme lui constitue le meilleur garde-fou.

Contre les débordements de l'IA, la meilleure des protections est un président fort, selon Donald Trump. ©bella1105 / Shutterstock
Contre les débordements de l'IA, la meilleure des protections est un président fort, selon Donald Trump. ©bella1105 / Shutterstock

Pour protéger l’humanité d’une intelligence artificielle devenue incontrôlable, Donald Trump a une solution toute trouvée : lui-même. Rien que ça. Dans une série de messages publiés le 14 septembre sur son réseau Truth Social, le président américain a qualifié de « canular » les scénarios dans lesquels l’IA finirait par détruire l’humanité, avant de les rapprocher de ce qu’il appelle l’« arnaque du réchauffement climatique ».

Une réponse pour le moins expéditive aux inquiétudes exprimées depuis plusieurs années par ceux-là mêmes qui développent les modèles les plus puissants du marché.

Trump s’érige en garde-fou de l'IA

Le raisonnement présidentiel accorde surtout une place centrale à son auteur. Selon Donald Trump, la meilleure protection serait « un président FORT ET INTELLIGENT (QI élevé !) » (sic). Un profil dont les États-Unis disposeraient évidemment déjà, à l’en croire.

Il dénonce dans le même temps une offensive contre l’intelligence artificielle et les centres de données américains, qui profiterait avant tout à la Chine. Le débat sur la sûreté et l’encadrement des modèles se retrouve donc ramené à une affaire de leadership politique…

La comparaison avec le climat brouille encore davantage le message. Le réchauffement provoqué par les activités humaines repose sur un consensus scientifique solidement établi. Une extinction de l’humanité provoquée par une IA reste, elle, un scénario hypothétique dont la probabilité et les mécanismes font débat. Mettre les deux dans le même sac sous l’étiquette de « canular » ne répond donc pas aux faits établis sur le climat ni aux interrogations bien réelles sur la sûreté des IA.

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Des appels à ralentir qui ne datent pas d’hier

Ces inquiétudes ne sont pas nouvelles. En mars 2023, une lettre ouverte du Future of Life Institute, signée notamment par Elon Musk, demandait une pause d’au moins six mois dans l’entraînement des systèmes plus puissants que GPT-4.

Deux mois plus tard, Sam Altman, Dario Amodei et Demis Hassabis figuraient parmi les signataires d’un texte appelant à traiter le risque d’extinction lié à l’IA comme une priorité mondiale, au même titre que les pandémies ou la guerre nucléaire. Sans réclamer, cette fois, l’arrêt des entraînements.

Le débat a ressurgi le 12 septembre 2026, lorsque Dario Amodei a proposé de ralentir de manière coordonnée le développement des modèles de pointe afin de laisser aux dispositifs de sécurité le temps de suivre. Sam Altman et Elon Musk ont soutenu cette démarche, qui prévoit notamment davantage d’évaluations indépendantes, sans réclamer l’arrêt des entraînements.

Donald Trump, lui, ne veut manifestement pas entendre parler de freinage. Là où une partie de l’industrie demande davantage de ceintures de sécurité, le président américain préfère surtout rappeler qui, selon lui, doit tenir le volant.

Source : AP