Vous ne trouvez plus la moindre GeForce RTX 5090 chez les revendeurs français ou à des prix dépassant les 5 000, voire les 5 500 euros ? Rien d'étonnant à cela.

La GeForce RTX 5090 a toujours été une carte graphique hors budget pour la plupart des joueurs. Elle est désormais devenue encore plus difficile à trouver à un prix raisonnable et dépasse les 5 000 euros en Europe. La raison ? Vous la connaissez, c'est encore et toujours l'intelligence artificielle.
Des RTX 5090 par palettes pour faire tourner l’IA
À la base, la GeForce RTX 5090 était pensée comme une carte graphique à destination des joueurs. Très onéreuse même à son lancement, mais malgré tout pensée pour les joueurs.
NVIDIA la commercialise comme le fleuron de sa gamme GeForce, avec des performances capables de faire tourner les jeux les plus exigeants en très haute définition. Mais dans le monde merveilleux de l’intelligence artificielle, ses 32 Go de mémoire et sa puissance de calcul ont une autre valeur : celle d’un accélérateur IA accessible par rapport aux solutions professionnelles. Des images relayées par HKEPC montrent ainsi des palettes entières de RTX 5090 neuves, destinées à être intégrées dans des serveurs spécialisés.
Il ne s’agit manifestement pas de quelques cartes récupérées à droite ou à gauche pour bricoler une station de travail : les volumes visibles suggèrent bel et bien des achats en quantité industrielle. Les cartes sont ensuite sorties de leurs boîtes, assemblées dans des configurations capables d'exploiter plusieurs GPU simultanément et transformées en véritables machines de calcul. Le phénomène rappelle évidemment une autre période particulièrement douloureuse pour les joueurs PC : celle du minage de cryptomonnaies.
À l’époque, les mineurs achetaient des dizaines, voire des centaines de cartes graphiques afin de rentabiliser leurs installations. Résultat : des stocks pillés, des prix qui s’envolaient et des joueurs contraints d’attendre ou de payer des sommes absurdes pour mettre la main sur un GPU. Aujourd’hui, le Bitcoin et l’Ethereum ne sont plus vraiment les coupables. Le nouveau grand consommateur de GPU s’appelle tout simplement l’intelligence artificielle.
La situation est d’autant plus paradoxale que NVIDIA dispose déjà de gammes spécifiquement pensées pour les professionnels, mais, comme nous le disions, une GeForce RTX 5090 représente une solution suffisamment performante et, dans certains usages, suffisamment intéressante économiquement pour attirer des acteurs qui n’ont rien à faire du jeu vidéo.
Quand l’IA fait exploser la facture des joueurs
Le problème pour les joueurs est assez simple : chaque RTX 5090 achetée par une entreprise est une carte qui ne finit pas dans le PC d’un particulier. Et lorsque la demande augmente fortement sans que l’offre puisse suivre, le prix grimpe. C’est précisément ce que l’on observe aujourd’hui avec une RTX 5090 officiellement lancée à 1 999 dollars, mais que l’on retrouve désormais à plusieurs milliers d’euros chez certains revendeurs.
Dans un précédent article, Nicolas avait déjà souligné cette flambée des prix en plaçant côte à côte les 32 Go de DDR5 à plus de 500 euros, l'iPhone 17 à +15 % ou, donc, la GeForce RTX 5090 à plus de 5 000 euros. La RTX 5090 n’est toutefois que la partie la plus spectaculaire du problème : les cartes graphiques plus abordables, la mémoire vive et les SSD subissent eux aussi de fortes tensions.
L’IA ne constitue pas l’unique explication à toutes ces hausses, mais elle contribue clairement à aspirer une partie toujours plus importante des capacités industrielles vers les infrastructures professionnelles. Le plus inquiétant est peut-être que la RTX 5090 n’est plus seulement victime d’un succès commercial auprès des joueurs. Elle devient une ressource informatique. Pour certaines entreprises, acheter plusieurs cartes GeForce et les réunir dans un serveur peut donc être parfaitement rationnel.
À partir de là, le GPU cesse d’être considéré comme un composant de PC et devient une unité de calcul parmi d’autres. Une distinction qui ne change rien pour l’entreprise qui l’achète, mais beaucoup pour le particulier qui cherche simplement à jouer à ses jeux dans de bonnes conditions. NVIDIA pourrait théoriquement chercher à limiter ce phénomène, notamment en surveillant davantage les ventes en très grande quantité par l’intermédiaire de ses partenaires et distributeurs.
Il serait toutefois assez surprenant de voir le constructeur s’attaquer à une demande qui provient précisément du secteur qu’il cherche à conquérir à marche forcée : celui de l’IA. Si NVIDIA continue à vendre des GeForce aux joueurs, l'explosion de l’intelligence artificielle donne à ces mêmes cartes une nouvelle clientèle bien plus fortunée et prête à acheter en volume.