Avant de miner la Lune ou un astéroïde, encore faut-il savoir où se trouvent les ressources convoitées… Sans forcément s’y poser. Dans cette optique, la NASA finance un projet de vaisseau conçu pour scanner à distance les minéraux se trouvant sur les astres du Système solaire. On vous explique tout. 

Concept d'un astéroïde. ©Triff / Shutterstock
Concept d'un astéroïde. ©Triff / Shutterstock

La conquête de la Lune par l’être humain se rapproche. Les États-Unis comme la Chine prévoient d’y installer une base habitée permanente dans les prochaines années. Et l’exploitation de ses ressources est, bien entendu, dans les plans de tous : plusieurs entreprises planchent déjà sur des techniques d’extraction, notamment d’hélium-3, un gaz extrêmement rare, mais très convoité, sur Terre. 

Mais avant d’extraire quoi que ce soit, il faut d’abord savoir précisément où chercher. Les méthodes d’observation à distance actuelles manquent de finesse, si elles peuvent repérer de grandes structures, il leur est difficile d’identifier avec certitude la composition d’un sol. Un nouveau concept de vaisseau doit changer la donne.

Savoir où se trouvent les ressources

Baptisé Interworld Slingshot Resource Surveys, il est porté par Pablo Sobron, chercheur à l’institut SETI, l’organisation de recherche américaine connue pour sa traque d’éventuels signaux extraterrestres, mais qui mène aussi des recherches en astrobiologie et en sciences planétaires.

Concrètement, il s’agit d’un petit vaisseau d’environ 300 kilogrammes, équipé d’un unique instrument capable de sonder plusieurs cibles au cours de sa trajectoire. Dans le scénario de référence, il survolerait d’abord la Lune en orbite polaire pour repérer de la glace et de l’ilménite, un minéral oxyde de fer et de titane, puis un astéroïde proche de la Terre pour y détecter silicates, métaux et composés organiques. Il terminerait par Phobos ou Deimos, les lunes de Mars, à la recherche de composés volatils.

Le dispositif exploiterait la spectroscopie Raman : un laser vient scanner la surface, et la lumière renvoyée révèle la structure moléculaire du matériau visé. Problème, cette technique n’a jamais été utilisée à plus de 120 mètres de distance. L’idée ici serait de la faire fonctionner à 30, voire 50 kilomètres. Un bond d’échelle considérable, que l’équipe doit encore prouver possible.

Le concept du vaisseau. ©Pablo Sobron/SETI
Le concept du vaisseau. ©Pablo Sobron/SETI

Il faut s’armer de patience

« Ce qui risque le plus d’arrêter l’exploitation minière spatiale, c’est de ne pas avoir les moyens de prouver qu’il y a quelque chose qui vaille la peine d’être extrait. Se poser au mauvais endroit peut faire perdre tout un programme d’exploration, ou une entreprise entière, et personne n’a les moyens d’envoyer indéfiniment des vaisseaux en espérant que ça marche », justifie Pablo Sobron. 

Ainsi, si ce vaisseau tient ses promesses, il permettrait de mettre un « X » sur la carte avant d’y envoyer qui que ce soit. Cela changerait tout, mais il est, pour l’heure, simplement question d’une étude de faisabilité. Le projet vient de recevoir une bourse Phase 1 du programme NIAC (NASA Innovative Advanced Concepts), doté de jusqu’à 175 000 dollars sur neuf mois.

Une somme modeste, mais qui pourrait ouvrir la voie à une mission bien plus ambitieuse. Et à terme, on peut s’imaginer des dispositifs encore plus puissants, capables de se rendre à des distances toujours plus lointaines.

Sources : Space.com, Phys.org, NASA