Airbus sonderait des acheteurs potentiels pour sa branche spatiale américaine, une usine en Floride et la gamme de satellites Arrow, selon le Financial Times. Le groupe européen veut concentrer ses moyens sur son projet de champion spatial avec Thales et Leonardo, pour rivaliser avec SpaceX et la concurrence chinoise.

Airbus, Thales et Leonardo ont choisi d'unir leurs forces pour répondre à SpaceX et à la concurrence chinoise, avec un protocole d'accord signé en octobre 2025 pour leur projet Bromo - ©Bjoern Wylezich / Shutterstock
Airbus, Thales et Leonardo ont choisi d'unir leurs forces pour répondre à SpaceX et à la concurrence chinoise, avec un protocole d'accord signé en octobre 2025 pour leur projet Bromo - ©Bjoern Wylezich / Shutterstock

Selon une information du Financial Times relayée par l’AFP, Airbus tâte le terrain auprès de plusieurs acheteurs potentiels pour cette activité américaine, vendue aussi bien à des clients commerciaux qu’à des programmes institutionnels et de sécurité nationale. Airbus a traversé des difficultés financières dans ce secteur. Le groupe a en effet dépensé 1,3 milliard d’euros de charges sur ses programmes spatiaux en 2024, dont 300 millions au quatrième trimestre. Depuis, Airbus, Thales et Leonardo ont choisi d’unir leurs forces pour répondre à SpaceX et à la concurrence chinoise, avec un protocole d’accord signé en octobre 2025 pour leur projet Bromo.

L’activité mise en vente remonte au rachat d’OneWeb en 2024

Airbus a racheté à Eutelsat-OneWeb sa participation de 50 % dans leur coentreprise en janvier 2024. Le groupe a pris le contrôle total d’AOS, Airbus OneWeb Satellites, et de l’usine de Merritt Island, en Floride. Fondée en 2016, AOS a construit plus de 600 satellites de communication en orbite basse pour la première génération de la constellation OneWeb. Le Financial Times estime que ses ventes s’élèvent à plusieurs centaines de millions de dollars. L’offre inclut également la gamme Arrow, des petits satellites destinés à des missions d’observation ou de sécurité.

Contacté par l’AFP et par France 3 Occitanie, Airbus n’a pas répondu ce samedi matin. En vendant cette branche américaine, Airbus concentrerait ses moyens sur son rapprochement avec Thales et Leonardo, pour mieux répondre à la concurrence de SpaceX et de la Chine dans le secteur spatial.

En vendant cette branche américaine, Airbus concentrerait ses moyens sur son rapprochement avec Thales et Leonardo, pour mieux répondre à la concurrence de SpaceX et de la Chine dans le secteur spatial - ©Findaview / Shutterstock
En vendant cette branche américaine, Airbus concentrerait ses moyens sur son rapprochement avec Thales et Leonardo, pour mieux répondre à la concurrence de SpaceX et de la Chine dans le secteur spatial - ©Findaview / Shutterstock

Airbus, Thales et Leonardo réclament un feu vert rapide de Bruxelles pour leur fusion spatiale

Le 23 juin dernier, le patron d’Airbus, Guillaume Faury, et le nouveau directeur général de Leonardo, Lorenzo Mariani, ont plaidé à Bruxelles pour une approbation rapide du projet Bromo. Cet accord prévoit de fusionner la fabrication de satellites et les systèmes spatiaux des trois groupes. « Nous avons les compétences, nous avons les aptitudes, nous avons les technologies, mais il nous manque l'échelle », a déclaré Guillaume Faury aux journalistes. Sans consolidation, l’Europe risquerait de glisser « de la Ligue des champions vers les divisions inférieures », a-t-il ajouté.

La Commission européenne a publié de nouvelles lignes directrices sur les fusions. Ces règles privilégient désormais la taille des entreprises pour la compétitivité mondiale, et Bromo fait partie des premiers dossiers examinés à cette aune. Le commissaire européen à l’espace, Andrius Kubilius, a soutenu ce rapprochement en mai. Les trois groupes préparaient aussi une demande officielle auprès des autorités européennes de la concurrence. « Le seul moyen de développer l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement est de créer ce champion », a déclaré Lorenzo Mariani. « Si nous créons ce champion, la chaîne d'approvisionnement européenne sera aussi promue et protégée ». « Je suis optimiste quant à l'issue de cette affaire », a-t-il ajouté, à propos d’un secteur spatial selon lui en pleine croissance, avec « des choses intéressantes » aux États-Unis et dans le monde entier.

Guillaume Faury a aussi noté une meilleure compréhension, à Bruxelles, de l’importance stratégique de Bromo, à mesure que le segment spatial prend une dimension plus militaire et plus liée à la défense. Le dirigeant a rappelé que les niveaux d’investissement sont beaucoup plus élevés aux États-Unis et en Chine.

Plusieurs groupes concurrencent Airbus sur ce marché mondial. Des responsables politiques européens sont divisés sur le projet Bromo, selon France 3. L’Allemand OHB et l’Espagnol Indra Space redoutent un recul de la concurrence sur le marché européen des satellites. OHB a prévenu qu’il pourrait engager des poursuites contre la fusion. Le fabricant de satellites a annoncé, le 22 juin, une émission d’actions destinée à lever jusqu’à 510 millions d’euros pour financer sa croissance. Il juge que l’opération concentre un pouvoir de marché excessif.

Une tentative de rapprochement entre Airbus et Thales, en 2019, avait déjà été bloquée par la Commission européenne pour des raisons de concurrence. Bruxelles avance aussi sur un autre front. La Commission réserve les deux tiers de la bande 2 GHz destinée aux communications par satellite aux opérateurs enregistrés dans l’Union, contre un tiers pour Starlink et le service Kuiper d’Amazon.