Anthropic pourrait bien voler la vedette à SpaceX avant même son entrée en Bourse. Sur les marchés de prédiction, les paris penchent désormais en faveur du créateur de Claude pour la plus importante entrée en Bourse de l’année. Les chiffres donnent le tournis.

Au mois de juin, SpaceX a marqué l’histoire des marchés avec son introduction (IPO) record. Le géant spatial d’Elon Musk a en effet levé 86 milliards de dollars, de quoi porter sa valorisation à 1 770 milliards de dollars. Des chiffres qui semblaient clairement indétrônables. Mais Anthropic pourrait bien, elle aussi, faire exploser les compteurs.
Car sur Polymarket, les traders estiment désormais que son entrée en Bourse, qui devrait se produire aux alentours d’octobre, surpassera celle de son homologue.
Valorisation à 2 000 milliards ?
Ces nouvelles prédictions font suite à l’annonce, par le Wall Street Journal, qu’Anthropic s’apprête à annoncer à ses futurs investisseurs un marché potentiel total supérieur à 30 000 milliards de dollars. SpaceX revendiquait 28 500 milliards de dollars lors de son IPO.
Cet indice, surnommé TAM, sert aux entreprises à démontrer, chiffres à l’appui, l’ampleur du marché qu’elles pourraient théoriquement conquérir. Un exercice toujours approximatif poussé à des sommets inédits par l’intelligence artificielle (IA). À titre de comparaison, Uber évoquait 6 000 milliards de dollars lors de son entrée en Bourse en 2019.
Ainsi, Anthropic viserait une levée de fonds pouvant atteindre les 100 milliards de dollars, pour une capitalisation autour de 2 000 milliards de dollars. Il s’agirait, quelques mois après SpaceX, de l’IPO la plus importante de l’Histoire.

- Upload de fichiers pouvant aller jusqu'à 100 000 tokens (75 000 mots environ)
- Personnalisation avancée
- Conception éthique
La folie de l’IA ne s’estompe pas
Mais ce n’est pas tout. Car le créateur de Claude projette environ 200 milliards de dollars de revenus en 2028, tandis que son chiffre d’affaires a plus que doublé au deuxième trimestre pour s’établir à 11,6 milliards de dollars. Cette trajectoire hors normes illustre l’engouement sans précédent autour de l’IA.
En amont, OpenAI prépare elle aussi son entrée en Bourse, avec une valorisation qui pourrait dépasser les 1 000 milliards de dollars. L’industrie carbure désormais à des chiffres qui semblaient inimaginables il y a encore quelques années. Preuve en est : NVIDIA, pierre angulaire de l’écosystème, prévoit 70 % de croissance de son chiffre d’affaires l’année prochaine.
Toutefois, ces paris comportent leur part de risque. Mais les investisseurs semblent bel et bien décidés à en prendre.
Le TAM (marché adressable total) estime la taille maximale du marché qu’une entreprise pourrait viser si elle captait théoriquement 100 % de la demande. C’est un indicateur utilisé dans les présentations aux investisseurs pour justifier un potentiel de croissance, surtout quand l’activité actuelle est encore en phase d’expansion. Le chiffre dépend fortement des hypothèses (périmètre retenu, prix futurs, taux d’adoption, segments inclus), ce qui le rend très variable d’un acteur à l’autre. Dans l’IA, le TAM a tendance à gonfler car la technologie peut s’appliquer à de nombreux secteurs, mais cela ne garantit ni des revenus, ni une part de marché réaliste.
Un marché de prédiction permet d’acheter et de vendre des contrats indexés sur un événement futur (par exemple, « telle entreprise fera la plus grosse IPO de l’année »). Le prix d’un contrat reflète l’équilibre offre/demande entre participants, et est souvent interprété comme une probabilité, sans être une mesure scientifique. Cette « probabilité » agrège surtout des informations publiques, des anticipations et parfois des biais spéculatifs des traders. La liquidité du marché, les limites de mise et la définition exacte de l’événement (conditions, dates, sources de référence) influencent fortement le signal.
La levée de fonds correspond à l’argent effectivement collecté en vendant des actions nouvelles (ou parfois via des ventes d’actions existantes), et sert à financer l’entreprise ou à offrir de la liquidité à certains actionnaires. La valorisation est l’estimation de la valeur totale de l’entreprise à un instant donné, souvent déduite du prix par action et du nombre total d’actions. La capitalisation boursière est la valorisation telle qu’elle ressort du marché une fois l’action cotée (prix de marché × nombre d’actions), et elle peut varier fortement après l’introduction. En pratique, une très grosse valorisation n’implique pas forcément une levée de fonds équivalente : on peut être valorisé très haut tout en ne vendant qu’une petite fraction du capital au moment de l’IPO.
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