Acheter un film en numérique ne garantit décidément pas toujours de pouvoir le conserver. Un utilisateur affirme avoir perdu l'accès aux versions longues du Seigneur des Anneaux achetées quatre ans plus tôt sur Google Play. Le support lui aurait confirmé leur retrait du catalogue, sans pouvoir lui proposer de remboursement.

Le support physique a au moins une qualité difficile à contester : une fois le Blu-ray rangé sur l'étagère, le vendeur ne peut pas venir le récupérer quelques années plus tard. Avec les achats numériques, les choses peuvent se révéler beaucoup moins simples.
Un utilisateur de Reddit affirme en avoir fait l'expérience avec la trilogie du Seigneur des Anneaux. Les versions longues des trois films, achetées sur Google Play en 2022, auraient tout simplement disparu de sa bibliothèque lorsqu'il a voulu les regarder à nouveau. Plusieurs médias ont depuis relayé son témoignage et son échange avec le support Google.
Des films achetés, mais « plus disponibles dans le catalogue »
D'après cet échange, le conseiller de Google aurait confirmé que les films concernés n'étaient désormais plus disponibles dans le catalogue. Le problème est évidemment qu'il ne s'agissait ni d'une location ni d'un titre accessible par abonnement : l'utilisateur les avait achetés.
Le support aurait également indiqué ne pas être en mesure de procéder à un remboursement ou d'accorder une compensation, l'achat remontant à quatre ans. TechRadar évoque à ce propos une limite de 120 jours communiquée à l'utilisateur par le service client. À ce stade, Google n'a cependant fourni aucune explication permettant de déterminer s'il s'agit d'un problème de licence, d'une anomalie liée au compte ou simplement d'un bug.
C'est justement là que l'affaire devient intéressante. Dans sa propre documentation, Google indique que les films et séries achetés sur YouTube restent disponibles « indéfiniment », à condition notamment d'utiliser le compte Google ayant servi lors de l'achat. Les contenus acquis via Google TV, Android TV ou YouTube doivent par ailleurs être ajoutés à la bibliothèque du même compte et rester accessibles depuis les appareils compatibles.
Par conséquent, un problème de compte, une erreur de catalogue ou un incident lié aux droits restent tout à fait possibles, sans qu’aucune de ces pistes puisse être privilégiée pour l’instant.
Quand « acheter » ne veut plus tout à fait dire posséder
Ce cas isolé tombe surtout à un moment où la question de la propriété numérique revient régulièrement sur le devant de la scène. Fin juin, Sony annonçait par exemple que certains utilisateurs PlayStation perdraient prochainement l'accès à des centaines de films Studiocanal pourtant achetés auparavant, après l'expiration d'accords de licence.
La situation n'est pas exactement la même ici, puisque Google n'a encore expliqué ni la disparition des films ni son éventuel lien avec les droits de distribution. Mais elle souligne une nouvelle fois la différence fondamentale entre un achat physique et son équivalent dématérialisé.
Avec un Blu-ray, l'utilisateur possède un exemplaire matériel du film. Sur une boutique numérique, l'accès dépend toujours d'un compte, d'une plateforme, de ses DRM et des conditions dans lesquelles le service peut continuer à fournir le contenu. Une différence qui devient forcément plus sensible à mesure que films et jeux abandonnent progressivement leurs supports physiques, un mouvement déjà bien visible du côté du jeu vidéo.
Dans le cas présent, il faudra surtout voir si Google apporte une explication et restaure l'accès aux trois films. En attendant, l'épisode donne une nouvelle fois une définition assez particulière au bouton « Acheter » des boutiques numériques car si le paiement, lui, est bien définitif ; l'accès au contenu peut manifestement l'être beaucoup moins.
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