Une vieille clause des conditions d'utilisation PlayStation refait surface au pire moment pour Sony. Après la fin annoncée des disques physiques pour les nouveaux jeux PlayStation en janvier 2028, déjà largement commentée, certains joueurs s'inquiètent : que devient une bibliothèque numérique si le compte associé reste inactif trop longtemps ?

Tout est parti d'une capture des conditions européennes de PlayStation, largement partagée ces derniers jours. Le point 21.2 indique qu'un compte inutilisé pendant au moins 36 mois peut faire l'objet d'une procédure de fermeture. Avant cela, Sony doit prévenir l'utilisateur par e-mail et lui laisser six mois pour se connecter ou demander à garder le compte ouvert.
Autrement dit, non, vos jeux ne seront pas automatiquement supprimés au bout de trois ans sans connexion, pas tout à fait ! Toutefois, oui, une fois le compte fermé (de façon irréversible), l'utilisateur perd l'accès aux services en ligne et aux produits numériques achetés avec ce compte.
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Une règle ancienne, mais un contexte nouveau
Cette clause n'a rien de neuf. Les 36 mois figuraient déjà dans la version de décembre 2019 des conditions, et Sony était même plus strict avant : 24 mois en 2017, 18 mois en 2009. Elle ne s'applique d'ailleurs pas partout de la même manière : les conditions américaines ne semblent pas prévoir de fermeture de compte pour simple inactivité.
Il faut d'ailleurs noter qu'à ce jour, aucun cas documenté ne montre non plus que cette clause ait déjà été appliquée. Le texte dit que Sony « peut » engager une procédure, pas qu'il le fera. La nuance est importante : il s'agit d'un droit que l'entreprise se réserve, pas d'une suppression automatique programmée au bout de trois ans.
Toutefois, le contexte change tout. Tant que le disque existe, le joueur conserve un support tangible, même imparfait. Il peut le ressortir, le prêter, le revendre ou le transmettre, du moins lorsque le jeu ne dépend pas entièrement de serveurs ou de mises à jour indispensables. Avec le tout numérique, l'accès repose davantage sur une licence liée à un compte, une adresse e-mail et des conditions d'utilisation.
La comparaison avec Xbox souligne le problème. Microsoft prévoit lui aussi une règle d'inactivité, avec un délai plus court (deux ans), mais il exclut de cette fermeture les comptes associés à des achats numériques. Chez Sony, les conditions européennes ne semblent pas prévoir la même protection explicite pour un compte contenant des achats numériques.
Le piège concret : l'adresse e-mail oubliée
La période de grâce de six mois semble rassurante sur le papier. En pratique, elle repose sur un maillon fragile : l'adresse e-mail liée au compte.
Un compte PlayStation créé à l'époque de la PS3 peut très bien être associé à une ancienne adresse que l'utilisateur ne consulte plus, voire à une boîte qui n'existe plus. Dans ce cas, l'avertissement risque simplement de passer inaperçu, avec les conséquences que cela implique pour l'accès à la bibliothèque.
Les réflexes à adopter sont simples : se connecter au moins une fois par an, ce qui remet le compteur à zéro, et vérifier que l'adresse e-mail du compte est toujours active.
Le vrai problème n'est pas la suppression, mais la dépendance au compte
Il faut donc éviter le raccourci : Sony ne va pas « effacer vos jeux » après trois ans d’absence. En revanche, le constructeur japonais se réserve bien le droit, dans ses conditions, de fermer un compte inactif. Et si ce compte disparaît, les achats numériques qui y sont attachés peuvent devenir inutilisables. La nuance juridique existe ; le résultat, lui, peut être très proche pour le joueur.
C'est là que cette vieille clause devient beaucoup plus sensible. Dans un monde où les jeux ne sont plus achetés sur disque, mais associés à un identifiant, à un serveur et à une politique de plateforme, la notion de propriété devient nettement plus fragile.
La question n'est donc pas de savoir si PlayStation fermera réellement des comptes inactifs — rien n'indique que Sony l'ait déjà fait. Elle est de savoir ce que vaudra une bibliothèque numérique dans dix ou quinze ans, quand tout dépendra encore davantage d'un compte qu'il faudra maintenir en vie.
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