Zoox, filiale d’Amazon, vient d’obtenir le feu vert fédéral pour faire payer ses courses en robotaxi dépourvu de volant et de pédales. Un cap que ni Tesla ni Waymo n’ont encore franchi.

Le robotaxi de Zoox, filiale d'Amazon. ©Zoox
Le robotaxi de Zoox, filiale d'Amazon. ©Zoox

Depuis plusieurs mois, Zoox fait rouler gratuitement ses robotaxis à Las Vegas et à San Francisco, dans le cadre de tests grandeur nature. Et son véhicule détonne : sa carrosserie ressemblant ni plus ni moins à un grille-pain sur roues, sans avant ni arrière défini, avec des sièges installés face à face.

Mais plus de 500 000 passagers l’ont déjà essayé depuis l'ouverture aux trajets gratuits en septembre 2025. De quoi convaincre la National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA), le régulateur américain de la sécurité routière. Ce jeudi 30 juillet, il a autorisé l’entreprise à commercialiser son service et facturer ses courses, une étape hautement cruciale.

Une exemption pour Zoox

Plus concrètement, Zoox est exemptée de 8 normes fédérales de sécurité automobile, pensées à l’origine pour des véhicules avec un conducteur humain. Cela couvre notamment l’absence de volant et de pédales, mais aussi des éléments comme le système de désembuage du pare-brise ou le freinage, adaptés au fonctionnement autonome du véhicule.

La société peut ainsi déployer jusqu’à 2 500 véhicules par an pendant deux ans. En échange, elle devra se plier à une surveillance renforcée de la part du régulateur, qui pourra faire évoluer les conditions selon le comportement des robotaxis sur la route. « Nous sommes honorés de recevoir la toute première exemption commerciale accordée à un robotaxi conçu sur mesure », se félicite Aicha Evans, directrice générale de Zoox, dans un communiqué.

Les premières courses payantes démarreront dès le mois prochain à Las Vegas. Puis d’autres villes suivront, au fur et à mesure que Zoox obtient les autorisations nécessaires auprès des différents États américains.

L'intérieur du robotaxi de Zoox. ©Alexandre Boero / Clubic

Où en sont ses rivales ?

Si les deux grands noms du secteur outre-Atlantique, Waymo et Tesla, progressent clairement, ils n’ont pas encore atteint ce niveau pour ce qui est d’un véhicule totalement pensé pour l’autonomie. L’entreprise d’Elon Musk dispose effectivement du Cybercab, récemment entré en production, mais elle vient seulement de démarrer les tests et ils sont, pour l’heure, minimes.,

Waymo, de son côté, reste le leader incontesté du marché en nombre de courses effectuées. Mais son modèle dédié, l’Ojai, conçu avec le constructeur chinois Zeekr, circule pour l’instant avec un volant et des rétroviseurs bien visibles. La filiale de Google, qui vient d’ouvrir une branche en France, mise avant tout sur ses Hyundai Ioniq 5 adaptées et produites aux États-Unis, alors que les tensions commerciales avec la Chine sont à leur maximum.

De son côté, la NHTSA a imposé à Zoox de nouvelles obligations de signalement, notamment en cas d’accident ou d’arrêt inapproprié sur la route. Une prudence qui s’explique par plusieurs incidents récents dans le secteur des robotaxis, certains ayant par exemple gêné le passage de véhicules de secours.

Zoox elle-même a dû rappeler 105 de ses véhicules après avoir découvert un problème de détection de la fumée, susceptible de poser un risque près d’une scène d’urgence.