Le chantre des taxis 100% autonomes a discrètement créé une filiale française. Une simple formalité ? Pas vraiment, quand son objet social vise déjà le transport à la demande en véhicules autonomes.

Waymo n'a pas encore lâché ses robots taxis sur les Champs-Élysées, mais le signal est difficile à ignorer. La filiale d'Alphabet, héritière directe du projet de voiture autonome de Google, vient d'immatriculer Waymo France.
Et l'objet social de cette nouvelle entité ne laisse guère de place au doute : il y est question de transport à la demande à l'aide de véhicules autonomes, mais aussi de services permettant à d'autres acteurs de commercialiser ce type d'offre.
Une offensive européenne qui se dessine
Cette création de filiale ne veut pas dire qu'un taxi sans conducteur pourra être commandé demain matin à Paris. Le chemin reste long, réglementé et politiquement sensible. Mais elle s'inscrit dans une séquence beaucoup plus large.
À cela s'ajoute une liste d'obstacles longue comme le bras : homologation, sécurité, supervision à distance, assurance, responsabilité en cas d'accident, acceptabilité sociale. Un robotaxi ne se lance pas comme une nouvelle option dans une application, il doit d'abord convaincre qu'il peut rouler sans conducteur sans transformer chaque incident en débat public.
Taxis et VTC voient arriver un concurrent d'un autre genre
Pour les taxis et les chauffeurs VTC, l'enjeu est évident. Waymo ne vend pas seulement une voiture autonome. Il vend une flotte, une plateforme et la promesse d'un service disponible en permanence, sans pause ni fatigue ni conducteur à rémunérer.
À court terme, les robots taxis ne remplaceront pas les professionnels du transport en France. Les contraintes réglementaires, urbaines et sociales restent trop lourdes. Mais à moyen terme, ils pourraient changer la donne là où l’autonomie est la plus facile à maîtriser, c'est-à-dire dans des zones parfaitement cartographiées, sur des trajets répétitifs ou pour des services opérés sous supervision humaine à distance. À force de crier au loup, le voilà désormais au registre du commerce.