La FAA veut remplacer l’interdiction des vols civils supersoniques au-dessus des terres américaines par une règle fondée sur le bruit. Une petite révolution pour l’après-Concorde.

Allons-nous bientôt revoir des silhouettes d'avion supersoniques dans le ciel ? ©Boom Supersonic
Allons-nous bientôt revoir des silhouettes d'avion supersoniques dans le ciel ? ©Boom Supersonic

Le mur du son pourrait de nouveau tomber au-dessus des États-Unis, mais cette fois-ci sans faire trembler les murs et les fenêtres. L’aviation civile américaine vient de franchir une étape symbolique : la FAA propose d’abandonner l’interdiction quasi générale des vols supersoniques au-dessus du territoire américain, en vigueur depuis 1973, pour la remplacer par une limite acoustique. En clair, un avion civil pourrait dépasser Mach 1 au-dessus des terres, à condition de prouver que son bang supersonique n’atteint pas le sol avec une intensité gênante.

Le verrou qui avait tué l'essor du Concorde

Cette règle avait contribué à enfermer Concorde sur quelques routes transatlantiques, principalement entre Paris, Londres et New York. L’avion franco-britannique allait très vite, mais pas partout. Son bang supersonique, jugé trop bruyant pour les zones habitées, avait réduit son intérêt commercial et refroidi l’industrie. Boeing avait déjà abandonné en 1971 son 2707, un rival américain géant, avant même d’avoir fait voler son prototype.

La nouvelle approche américaine ne dit donc pas oui au supersonique à n’importe quel prix. Elle fixe plutôt un principe : ce n’est plus la vitesse qui pose problème, c’est le bruit. Cela tombe bien pour Boom Supersonic, qui promet avec Overture un avion volant à mach 1,7 au-dessus des océans et mise sur le Mach cutoff pour voler en supersonique au-dessus des terres sans bang perceptible au sol. On pense aussi à la NASA et ses travaux sur le X-59, conçu pour minimiser le bang au maximum.

En Europe, la course reste plus prudente et plus expérimentale. Airbus a bien exploré des concepts hypersoniques restés très théoriques, tandis que Destinus ou le programme Invictus de l’ESA travaillent surtout sur des briques technologiques et des prototypes à très grande vitesse, encore très loin d’une application commerciale. Le Concorde doit se retourner dans sa tombe.