Il y a quelques jours, le démarchage téléphonique dit financier a changé de visage. Les professionnels de la finance doivent désormais se montrer transparents, avec confirmation écrite noir sur blanc, avant de décrocher une signature.

Encore quelques semaines avant la fin du démarchage téléphonique, et en attendant, il y a encore eu du changement. © PeopleImages / Shutterstock
Encore quelques semaines avant la fin du démarchage téléphonique, et en attendant, il y a encore eu du changement. © PeopleImages / Shutterstock

Un numéro inconnu, une voix pressée, et soudain on vous parle crédit ou assurance-vie sans même décliner son identité. Ce scénario assez classique de démarchage téléphonique, beaucoup le connaissent. Mais vous ignorez peut-être que depuis le 19 juin 2026, ce petit jeu a touché à sa fin. Une ordonnance et un décret signés le 5 janvier dernier ont transposé une directive européenne de 2023, et imposent aux professionnels davantage de transparence avant toute signature. On vous offre un petit tour d'horizon de ces nouvelles règles, avant l'interdiction totale du démarchage prévue cet été, avec la disparition de Bloctel.

Démarchage téléphonique : l'identification de l'appelant devient obligatoire

Le premier réflexe imposé désormais en matière de démarche téléphonique financier, et il change vraiment la donne, consiste à se présenter, pour de bon. Dès les toutes premières secondes de l'appel, le professionnel doit décliner son identité, expliquer clairement qu'il s'agit d'une démarche commerciale, et préciser si la conversation est enregistrée. Trois informations simples, mais jusqu'ici trop souvent expédiées en quelques mots inaudibles, voire carrément zappées. Le temps où l'interlocuteur fantôme enchaîne les arguments de vente sans qu'on sache vraiment qui appelle, ni pourquoi, est révolu !

Autre garde-fou : si l'appel débouche sur un contrat, sachez que l'entreprise doit envoyer une confirmation écrite de l'offre, sur papier ou tout autre support durable. À partir de janvier 2027, il faudra même que le client la signe avant d'être engagé, ce qui est une façon d'éviter les « oui » prononcés un peu trop vite au téléphone. Le secteur a d'ailleurs déjà connu de lourdes sanctions pour démarchage abusif, à l'image d'une entreprise d'assurance condamnée à plus de 180 000 euros d'amende pour avoir ignoré la liste Bloctel.

Et pour ceux qui souscrivent en ligne, la rétractation ne devrait plus relever du parcours du combattant. Un bouton unique, du type « renoncer au contrat ici », doit rester accessible pendant tout le délai légal. Exit aussi les fameux dark patterns, ces interfaces pensées pour orienter le choix, les pop-up qui redemandent sans relâche un accord déjà donné, ou les procédures de désinscription rendues plus longues que celles d'inscription.

© Yuri A / Shutterstock
© Yuri A / Shutterstock

Une étape avant la grande bascule du 11 août

En ce qui concerne l'information en elle-même, il n'est plus question de signer dans le flou. Avant même d'accepter quoi que ce soit, le consommateur doit recevoir gratuitement un véritable mode d'emploi du contrat, qui lui permet de savoir qui est ce professionnel, combien ça coûte réellement une fois tous les frais additionnés, vers qui se tourner en cas de souci, et ce qui se passe concrètement si un paiement est en retard. Surtout, ces informations ne doivent plus se cacher dans un jargon illisible. Elles doivent être présentées très simplement, de façon compréhensible par tous, et accessibles aux personnes en situation de handicap.

Ces nouvelles règles ne sont toutefois qu'une étape intermédiaire. Le 11 août 2026, le changement sera radicale puisque, et c'est une excellente nouvelle pour beaucoup, le démarchage téléphonique sera purement et simplement interdit, dans tous les secteurs sans exception. Ce ne sera plus aux consommateurs de refuser d'être appelés, mais aux entreprises d'obtenir leur accord au préalable. Seules deux situations resteront permises : un consommateur qui a explicitement donné son feu vert, ou un appel qui porte sur un contrat déjà signé avec lui.

En attendant cette bascule, le service gouvernemental gratuit Bloctel reste la meilleure parade contre les appels non désirés : il suffit d'y inscrire ses numéros. Mais son rôle touche à sa fin, puisqu'il devrait disparaître une fois le consentement préalable devenu la norme partout.