Google intègre nativement dans Android 17 un mode de jeu dédié aux smartphones pliants : l'écran interne se divise en deux, jeu en haut, manette virtuelle en bas. La Nintendo DS avait inventé ça en 2004. Le concept revient, sur téléphone.

Ouvrir un smartphone pliant pour jouer, c'est un peu comme déballer un grand écran pour finalement poser ses pouces dessus et bloquer la moitié de l'image. Le problème est aussi vieux que les pliables eux-mêmes : plus la surface d'affichage grandit, plus les commandes tactiles deviennent inconfortables, les pouces s'étirent, les crampes arrivent. Google a décidé de s'y attaquer frontalement avec Android 17, en intégrant directement dans le système un mode de jeu pensé pour les appareils à écran interne.
Un split 50/50 qui ressuscite un vieux concept
Le principe est simple, presque évident rétrospectivement. Dès qu'une session de jeu est détectée sur un pliable ouvert, Android 17 divise automatiquement l'écran interne en deux moitiés égales : la partie supérieure affiche le jeu sans aucune obstruction, tandis que la partie inférieure se transforme en manette virtuelle complète. Sticks analogiques, croix directionnelle, boutons d'action, trois niveaux de gâchettes : le layout reprend l'ergonomie d'une vraie manette de console. Ceux qui ont grandi avec une application Game Boy sur smartphone reconnaîtront l'idée.
Ce qui distingue cette approche des solutions tierces de mapping de touches, c'est le niveau d'intégration. Selon Digital Trends, le système n'émule pas de simples touches tactiles : il simule des pressions sur des boutons physiques au niveau du système d'exploitation, ce qui le rend nativement compatible avec tous les jeux supportant déjà les manettes. Pas besoin de configuration jeu par jeu. Le mode se désactive aussi automatiquement si vous connectez un vrai contrôleur en Bluetooth ou USB-C.
Une personnalisation poussée, un déploiement à venir
Google n'a pas opté pour un layout figé. Une icône de manette accessible à l'écran ouvre un menu de personnalisation : disposition des sticks en ligne ou décalée, taille des boutons ajustable de petite à grande, thème visuel clair ou sombre, retour haptique activable pour simuler le clic mécanique. Le mode est également intelligent sur les transitions : si un jeu repose exclusivement sur des gestes plein écran, la manette virtuelle reste hors champ. C'est le genre de détail qui fait la différence entre une fonctionnalité gadget et quelque chose qui s'intègre vraiment dans un usage quotidien.

Google a intégré ce mode directement dans le code d'Android 17, ce qui permet à chaque constructeur d'adapter le layout aux dimensions exactes de son propre matériel. Utile, quand on sait que les proportions d'écran varient sensiblement entre un smartphone Android jouant la carte console portable et un Galaxy Z Fold. Android 17 a commencé à se déployer sur les Pixel le 16 juin 2026, mais le mode de jeu pour pliants, lui, arrivera « dans les prochains mois », selon le blog officiel de Google. Patience, donc.
Nintendo avait compris en 2004 qu'un deuxième écran dédié aux commandes changeait fondamentalement l'expérience de jeu portable. Google arrive à la même conclusion vingt ans plus tard, avec un hardware qui existait déjà mais qu'on n'avait jamais vraiment su exploiter. Reste à voir si les développeurs de jeux mobiles adapteront leurs titres pour en tirer le meilleur parti, ou si cette manette virtuelle restera surtout efficace sur les jeux qui supportent déjà les contrôleurs physiques.