Depuis des années, la dictée vocale iPhone inspire la même réaction : autant taper. iOS 27 change la donne avec un LLM embarqué, mais réserve la nouveauté aux appareils dotés de 12 Go de RAM. Pour dicter un texto, fallait-il autant ?

L'iPhone 17 Pro Max profitera de cette nouvelle expérience de dictée. © Pierre Crochart pour Clubic
L'iPhone 17 Pro Max profitera de cette nouvelle expérience de dictée. © Pierre Crochart pour Clubic

Vous avez sans doute votre propre anecdote de dictée catastrophique sur iPhone (la transcription d'un prénom, d'un terme médical ou, pire, d'un message professionnel transformé en charabia). La dictée iOS avait acquis la réputation d'une fonctionnalité à éviter soigneusement, au point que la plupart avaient fini par ne plus essayer. Pendant ce temps, Google proposait depuis 2021 sur ses Pixel une transcription en temps réel suffisamment fiable pour générer des sous-titres à la volée lors d'une conversation. iOS 27, présenté à la WWDC 2026 comme le grand tournant IA d'Apple, tente de rattraper ce retard avec un outil réécrit de zéro, logé dans un menu de réglages où peu d'utilisateurs penseront spontanément à aller.

Un énième changement apporté par iOS 27

iOS 27 embarque en réalité deux systèmes de dictée distincts. Le premier, disponible sur tous les iPhone compatibles, bénéficie d'améliorations mineures par rapport à la version précédente. Le second, baptisé « Aperçu avancé de la dictée », est d'une toute autre nature : il s'appuie sur AFM Core Advanced, le modèle de fondation Apple qui alimente également les nouvelles voix expressives de Siri AI. Ce modèle tourne entièrement sur l'appareil, sans connexion internet requise (point non négligeable quand Google fait tout passer par le cloud pour la dictée sur Android). Il gère la ponctuation et les majuscules automatiquement. Plus besoin de prononcer « virgule » ou « point » comme si vous dictiez un courrier à une secrétaire en 1985.

Le hic (et il est de taille) : la fonctionnalité est désactivée par défaut, même sur les appareils éligibles. Pour l'activer, direction Réglages → Général → Clavier, puis faites défiler jusqu'à l'interrupteur « Aperçu avancé de la dictée ». Les appareils concernés se limitent à l'iPhone 17 Pro, l'iPhone 17 Pro Max, l'iPhone Air, les iPad M4 avec au moins 12 Go de mémoire, les Mac M3 et ultérieurs avec 12 Go, et l'Apple Vision Pro. L'iPhone 17 de base et l'iPhone 16 Pro se retrouvent côté exclus, cantonnés à l'ancienne dictée. L'iPhone 16 Pro sorti il y a moins d'un an mérite d'ailleurs une mention particulière dans cette liste (son positionnement « Pro » appréciera).

12 Go de RAM pour la dictée, vraiment ?

C'est la question que la plupart des commentateurs ont omis de poser, trop concentrés sur la cartographie des exclusions. Whisper, le modèle de reconnaissance vocale publié par OpenAI en 2022, tourne dans ses versions légères avec quelques centaines de mégaoctets de mémoire. Les variantes les plus précises en réclament quelques gigaoctets au maximum. Les résultats sur le français sont tout à fait honorables, y compris pour la ponctuation automatique avec des pipelines additionnels.

Apple n'a pas fait le choix d'un modèle spécialisé en reconnaissance vocale. Là où Whisper agit comme un sténographe particulièrement rapide, AFM Core Advanced prétend faire quelque chose de différent : comprendre ce que vous voulez dire, pas seulement ce que vous dites, et reformater en conséquence. C'est aussi lui qui anime les nouvelles voix de Siri, ce qui explique en partie une empreinte mémoire plus élevée que celle d'un outil de transcription classique. L'argument est valable en théorie. Google Gboard a adopté une approche comparable avec Gemini Nano sur ses Pixel 9 et 10, dont la puce embarque 12 Go de RAM de série.

La situation des utilisateurs français, en revanche, s'annonce mal. Apple range la dictée avancée et les voix expressives parmi les fonctions de Siri AI, bloqué sur iPhone et iPad dans l'UE faute d'accord avec la Commission sur l'interopérabilité imposée par le DMA. Le raisonnement « modèle local donc hors de portée des régulateurs » ne tient pas : selon Apple, l'objection européenne vise aussi les fonctions qui exploitent des données personnelles traitées sur l'appareil, pas seulement celles qui passent par le cloud. Sur Mac et Vision Pro, ces nouveautés restent accessibles en France, mais le blocage cible spécifiquement l'iPhone et l'iPad. La Commission a toutefois nuancé le récit d'Apple dans sa réponse du 10 juin : le DMA n'interdit rien explicitement, c'est Apple qui choisit ce qu'elle déploie. Reste un angle mort que personne n'a encore levé : l'interrupteur de dictée a-t-il purement disparu des iPhone européens, ou survit-il là où l'assistant conversationnel, lui, est coupé ? Réponse en septembre.

Si vous disposez d'un iPhone éligible, l'activation prend dix secondes et les premiers retours des bêta-testeurs sont sans ambiguïté : la différence est immédiate. Pour les autres (propriétaires d'un iPhone 17 standard ou d'un 16 Pro acheté il y a quelques mois à peine), la consolation viendra peut-être des prochaines générations de Foundation Models. Apple ne communique pas de calendrier.