Victime de la flambée des prix de la mémoire liée au boom de l'IA et de concurrents attractifs, GoPro frôle la faillite. Le fabricant américain de caméras d'action a alerté les autorités boursières sur sa capacité à survivre.

En déposant au début du mois un document auprès de la SEC, l'organisme fédéral américain de réglementation et de contrôle des marchés financiers, GoPro a reconnu un « doute substantiel » sur sa capacité à poursuivre ses activités. Avec un chiffre d'affaires en recul de 26 % au premier trimestre, le licenciements de 23 % des effectifs et la recherche active d'un repreneur ou d'un financement d'urgence, la situation est critique. Derrière ce naufrage annoncé de la firme américaine, deux coupables sont désignés : la ruée mondiale vers l'IA et la concurrence chinoise, féroce.
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GoPro, ex-roi de la caméra d'action, est au plus mal
Le boom de l'intelligence artificielle a des effets bien au-delà des datacenters. Pour alimenter les serveurs dédiés à l'IA, les fabricants de composants ont progressivement détourné leurs capacités de production, ce qui a réduit l'approvisionnement en mémoire destinée aux appareils grand public. Ex-roi de la caméra d'action, GoPro a révélé avoir appris en avril 2026 que ses fournisseurs allaient réduire son allocation, compromettant directement ses prévisions de ventes.
La hausse a été vertigineuse, mesurée entre 80 % et 115 % sur les prix de la mémoire, selon l'entreprise elle-même. Une envolée qui a directement plombé les finances de GoPro. Au premier trimestre 2026, son chiffre d'affaires a reculé de 26 %, la contraignant à demander une petite dérogation à son prêteur, après avoir manqué à plusieurs de ses engagements de crédit.
Début juin, comme nous l'apprend Bloomberg, GoPro a déposé un 8-K auprès de la SEC, un document réglementaire qui officialise les risques majeurs pour ses actionnaires. En noir sur blanc, la société fondée par Nicholas Woodman évoque ses doutes certains sur sa capacité à poursuivre son activité. L'action a aussitôt décroché de 14 % le 1er juin, avant de rebondir partiellement le lendemain. Elle a depuis encore plongé, pour tomber sous le dollar symbolique vendredi après-midi. La crise de la mémoire, alimentée par la ruée vers l'IA, touche désormais bien au-delà des seuls fabricants de PC ou de smartphones.
Entre vente, fusion et reconversion, GoPro cherche une porte de sortie
Ma mémoire n'est pas le seul problème, car GoPro doit aussi composer avec une concurrence féroce venue de Chine. DJI et Insta360 ont ces dernières années grignoté une part significative du marché des caméras d'action, en s'imposant comme des alternatives sérieuses face à un acteur qui peinait déjà à se renouveler. L'entreprise était fragilisée par une une pression structurelle bien avant que les prix de la mémoire ne s'emballent.
L'ironie du sort, c'est que GoPro vient tout juste de lancer sa gamme Mission 1, avec un tout nouveau processeur GP3 et des avancées annoncées en qualité d'image. Trop peu, trop tard ? L'entreprise est passée d'une valorisation d'environ 4 milliards de dollars lors de son IPO en 2014 à à peine plus de 150 millions aujourd'hui. L'action avait frôlé les 80 dollars à son apogée.
Pour éviter le naufrage, GoPro a engagé des conseillers pour explorer toutes les options. On parle donc de vente, de fusion, ou pourquoi de pivot vers la défense, comme un Parrot, et l'aérospatial. L'entreprise a, nous le disions, annoncé la suppression de 23 % de ses effectifs mondiaux. Une restructuration radicale pour une marque qui, il y a une poignée d'années, incarnait encore l'aventure et le sport extrême à travers le monde entier. Et si la pénurie de RAM devait se prolonger comme le prévoient les analystes, d'autres acteurs du grand public pourraient bientôt se retrouver dans la même situation.