À partir de ce jeudi 4 juin, les ordinateurs internes du Parlement européen seront configurés par défaut sur Qwant, moteur de recherche français fondé en 2013. Cette décision intervient précisément au moment où la Commission européenne présente son propre paquet sur la souveraineté technologique.

Le Parlement européen a notifié ses agents et eurodéputés par email que les recherches lancées depuis la barre d'adresse des navigateurs Firefox et Microsoft Edge seront automatiquement redirigées vers Qwant à partir du 4 juin. Les législateurs conservent la possibilité d'utiliser un autre moteur de recherche ou de modifier les réglages par défaut.
Bruxelles harmonise ses décisions
Officiellement, le changement est motivé par l'engagement du Parlement en faveur de la souveraineté numérique et de la protection des données personnelles des utilisateurs. Dans la communication transmise aux parlementaires, Qwant est décrit comme un moteur "axé sur la confidentialité, conçu pour éviter le suivi des utilisateurs et la collecte de données personnelles".
Pour la Commission européenne, il s'agit de ne pas entretenir une position hypocrite puisqu'elle présentera le même jour son paquet sur la souveraineté technologique. Ce dernier vise précisément à réduire la dépendance aux fournisseurs étrangers et à soutenir des alternatives européennes. En novembre dernier, un groupe transpartisan de 38 eurodéputés avait adressé une lettre à la présidente du Parlement, Roberta Metsola, pour demander une sortie progressive des logiciels Microsoft et d'autres outils américains. Le Parlement avait également bloqué en février l'accès aux outils d'IA générative sur les appareils fournis aux députés et à leurs équipes, pour des raisons de sécurité et de protection des données.
En France, la part de marché actuelle de Qwant est de 0,92%, derrière Ecosia à 1,29% et devant DuckDuckGo à 0,73%. Qwant a longtemps complété son index avec celui de Microsoft Bing via un accord commercial. Microsoft a mis fin à son API Bing Search le 11 août 2025, la remplaçant par une offre orientée vers les agents d'IA. Le directeur général de Qwant, Olivier Abecassis, affirme que ces décisions ont divisé les revenus de l'entreprise par deux et freiné le développement d'une alternative européenne.
Pour sortir de cette dépendance, Qwant a racheté en mai 2025 le métamoteur Lilo, et participe depuis juin 2025 à une coentreprise avec le moteur allemand Ecosia, baptisée European Search Perspective, pour construire un index de recherche proprement européen.
Les deux moteurs visent à couvrir au moins 30% des requêtes en France d'ici la fin de l'année 2026. Le choix du Parlement européen offre à Qwant une visibilité institutionnelle qui tombe à pic dans cette phase de reconstruction - même si son indépendance technologique réelle reste encore en cours de consolidation.
- Interface riche et conviviale
- Qwant Junior bien pensé
- Une vraie R&D pour un vrai concurrent