Le lanceur européen Vega C a réussi, cette semaine, sa septième mission depuis le Centre spatial guyanais, en plaçant en orbite le satellite scientifique SMILE. Une mission euro-chinoise dédiée à l'étude du vent solaire et à la météorologie spatiale.

C'était une date importante dans l'agenda spatial européen. Depuis Kourou et le Centre spatial guyanais, la fusée Vega C s'est élancée avec succès avec SMILE à son bord, un satellite né d'une collaboration entre l'ESA, l'agence spatiale européenne, et l'Académie chinoise des sciences. Il a désormais pour mission d'observer les aurores boréales, de surveiller les tempêtes géomagnétiques et de cartographier aux rayons X le bouclier magnétique invisible qui protège notre planète du vent solaire.
Vega C lance SMILE avec succès, avec pour mission de comprendre les tempêtes géomagnétiques
À 00h52 heure locale, dans la nuit guyanaise du 19 mai 2026, Vega C s'arrachait du sol de Kourou pour la septième fois de son histoire. Un nouveau vol pour le lanceur européen, plus léger et petit qu'Ariane 6 (35 mètres de haut, contre une soixantaine de mètres pour Ariane 6), et le 29e lancement de la famille Vega depuis ses débuts en Guyane en 2012.
Le vol, baptisé VV29, est d'un certain point de vue inédit puisque c'était la toute première fois qu'AVIO, la société italienne conceptrice et fabricante de Vega C, prenait seule les rênes de l'opération de lancement. Un rôle préparé durant plus d'un an en étroite collaboration avec le CNES, le Centre national d'études spatiales, qui l'a guidée pas à pas dans la jungle réglementaire des opérations spatiales françaises, des autorisations de tir aux exigences de sécurité.
À son bord, on retrouvait le satellite SMILE, pour Solar wind Magnetosphere Ionosphere Link Explorer, conçu pour percer les secrets du phénomène qu'est la rencontre entre le vent solaire, ce flux de particules chargées émis en permanence par le Soleil, et la magnétosphère, le bouclier magnétique invisible qui protège la Terre. Pour l'observer, SMILE embarque des instruments capables de cartographier ce bouclier aux rayons X, qui permet de voir précisément où et comment le vent solaire réussit à le pénétrer.

Avec 45 heures d'observation continue, SMILE repousse les limites de la science spatiale
SMILE a également la capacité rare, pour ne pas dire inédite pour une mission spatiale, d'observer les aurores boréales en continu pendant 45 heures d'affilée, sans interruption. Pour y parvenir, il les capte en lumière ultraviolette, invisible à l'œil nu mais idéale pour détecter ces embrasements atmosphériques à l'échelle de la planète entière. Une endurance record qui permettra, pour la première fois, de suivre en temps réel comment la Terre réagit aux épisodes de vent solaire intense.
Le satellite s'intéressera aussi aux tempêtes géomagnétiques, qui sont de violentes perturbations du champ magnétique terrestre déclenchées lorsqu'une tempête solaire percute notre planète. On parle ici d'événements capables de perturber, voire d'endommager des satellites, systèmes de navigation et communications. Mieux les comprendre et les anticiper, c'est donc protéger des infrastructures dont nous dépendons tous au quotidien, mais aussi la sécurité des astronautes en orbite.
Derrière SMILE, placé en orbite, il y a aussi plus de 250 scientifiques européens et chinois, qui ont travaillé main dans la main pour concevoir cette mission, en étant soutenus financièrement par l'ensemble des pays membres de l'ESA. Un consortium d'une ampleur rare, qui prouve qu'en science, et malgré toute les tensions au niveau géopolitique, les frontières s'effacent volontiers et que l'exploration spatiale reste l'un des rares terrains où l'Europe et la Chine avancent ensemble, sans friction aucune.