La Chine en rajoute une couche et interdit une autre puce NVIDIA sur son territoire. Une décision annoncée alors même que le P.-D. G, Jensen Huang, arpentait les rues de Pékin pour déguster les saveurs locales.

Jensen Huang, patron de NVIDIA. ©FotoField / Shutterstock
Jensen Huang, patron de NVIDIA. ©FotoField / Shutterstock

La semaine dernière, Donald Trump se rendait en Chine avec une délégation de P.-D. G issus de la finance et de la tech. Et si Huang n’était initialement pas du voyage, il l’a rejoint au tout dernier moment. Car l’enjeu est colossal pour NVIDIA, tant le marché chinois est important pour son activité.

Mais la guerre commerciale lui a mis des bâtons dans les roues. Après le durcissement progressif des contrôles américains à l’exportation sur les puces avancées, Pékin a décidé de tracer sa propre voie : pousser ses champions domestiques, Huawei et Cambricon en tête, dans l’idée de s’affranchir de toute dépendance aux processeurs étrangers.

Une puce gaming pensée pour la Chine bannie

Et le signal envoyé est on ne peut plus clair. Alors que Jensen Huang était encore sur le sol chinois, le gouvernement a discrètement ajouté la RTX 5090D V2 de NVIDIA sur la liste des marchandises interdites à ses points de contrôle douaniers, révèle The Financial Times.

Cette carte graphique a été lancée en août dernier, précisément pour contourner les restrictions américaines à l’exportation, et cible les gamers et animateurs 3D chinois. En parallèle, elle est rachetée massivement par des développeurs IA qui la couplent à des puces les plus puissantes.

Une décision lourde de sens, alors que Washington venait justement d’annoncer que dix entreprises chinoises, dont les géants Alibaba, Baidu et ByteDance, seraient autorisées à se procurer des puces H200 de NVIDIA. La Chine a préféré ignorer ce bras tendu.

Le logo de NVIDIA. ©Nicole Mess / Shutterstock
Le logo de NVIDIA. ©Nicole Mess / Shutterstock

L'arroseur arrosé

Car le bannissement de la RTX 5090D V2 s’inscrit dans une logique plus large. Désormais, Pékin bloque systématiquement les puces IA bridées de NVIDIA, des versions dégradées conçues spécifiquement pour le marché chinois. Et son objectif est clair : laisser le champ libre à ses acteurs locaux.

Huawei, notamment, a développé ses propres processeurs IA et s’apprête à rafler la mise. La banque Morgan Stanley, qui fournit des analyses très pointues, anticipe que les fournisseurs chinois contrôleront 86 % d’un marché IA qui pèsera 67 milliards de dollars en 2030. Huawei devrait à lui seul voir ses ventes bondir d’au moins 60 % cette année.

L’ironie est cruelle pour NVIDIA. Les restrictions américaines, censées freiner l’accès de la Chine aux puces les plus avancées, ont finalement accéléré l’émergence d’une industrie domestique que la Maison-Blanche cherchait absolument à contenir. L’arroseur arrosé, au final.

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