NVIDIA vient de remporter une victoire majeure : une dizaine d’entreprises ont reçu l’autorisation américaine d’acheter ses puces H200. Mais malgré ce feu vert, la situation reste encore très complexe pour le géant des puces.

Cette semaine, Donald Trump s’est rendu en Chine avec une armada de P.-D. G issus de l’industrie technologique et financière. Et si Jensen Huang, l’emblématique patron de NVIDIA, ne devait pas faire partie du voyage, il a rejoint ses acolytes au dernier moment. Une décision stratégique majeure car, on le rappelle, le marché chinois est crucial pour l’entreprise.
Washington lâche du lest
Car avant le durcissement des contrôles à l’exportation américains, NVIDIA écrasait le marché chinois des puces d’intelligence artificielle (IA) avec 95 % de parts. L’Empire du Milieu représentait alors 13 % de son chiffre d’affaires, et Huang estimait qu’il vaudrait à lui seul 50 milliards de dollars en 2026. Mais depuis, l’entreprise est prise en étau dans une guerre commerciale sans merci. Un signe d’accalmie vient toutefois de surgir.
Dans un contexte légèrement apaisé entre Washington et Pékin, le département américain du Commerce vient de donner son feu vert à une dizaine d’entreprises chinoises pour acheter les puces H200 de NVIDIA. Parmi elles, on retrouve les géants Alibaba, Tencent, ByteDance et JD.com, tandis que Lenovo et Foxconn ont aussi été approuvés comme distributeurs. Chaque client peut acquérir jusqu’à 75 000 puces, de quoi redonner à la société une véritable fenêtre de tir sur le marché qu’il a perdu.

Mais pas Pékin
Cette annonce a suscité un réel engouement chez les investisseurs, la valorisation déjà démentielle de NVIDIA ayant atteint les 5 520 milliards de dollars dans la foulée. Mais pas si vite. Si les États-Unis ont progressivement resserré leurs contrôles à l’exportation sur les puces avancées, Pékin, elle, a accéléré son virage vers l’autonomie technologique.
La Chine ne veut plus dépendre des semi-conducteurs américains et pousse activement ses acteurs domestiques à se tourner vers des solutions locales, majoritairement Huawei. Dans ce contexte, des entreprises comme DeepSeek revendiquent désormais fièrement leur recours exclusif aux composants chinois.
Malgré les nouvelles autorisations accordées, aucune livraison de puces H200 n’a encore eu lieu. Selon le secrétaire au Commerce, Howard Lutnick, le gouvernement central chinois n’aurait pas encore laissé ses entreprises passer commande, préférant concentrer les investissements sur l’industrie domestique. Qui aura le dernier mot ?