La France et l'Allemagne ont officialisé mardi un partenariat autour des technologies quantiques, pour faire de l'Europe une vraie puissance à l'échelle mondiale. Huit acteurs des deux pays ont signé à Paris une déclaration d'intention prometteuse.

quantique france allemagne © Summit Art Creations / Shutterstock / Pixabay / Clubic
quantique france allemagne © Summit Art Creations / Shutterstock / Pixabay / Clubic

C'est à l'ambassade d'Allemagne à Paris, ce 12 mai 2026, que les chercheurs, industriels, start-up et financeurs des deux pays se retrouvent pour construire ensemble une Europe quantique compétitive et souveraine. Dans la foulée, huit organisations majeures, du CEA à Quandela, en passant par Fraunhofer et le CNRS, ont signé une déclaration d'intention commune pour accélérer l'émergence d'un véritable écosystème quantique européen.

Paris réunit les deux grandes nations quantiques d'Europe au donne rendez-vous au monde

C'est l'ambassadeur d'Allemagne en France, Stefan Steinlein, qui a pris l'initiative d'organiser cette réception parisienne, avec le soutien de l'ambassade de France en Allemagne, un geste diplomatique qui dit déjà beaucoup de l'importance accordée au sujet du quantique. Plus d'une centaine de représentants des deux pays ont répondu présent, avec des chercheurs de haut niveau côtoient des industriels, des start-up et des investisseurs. On a ici un peu toute la chaîne qui mène une technologie du laboratoire jusqu'au marché.

Cette réunion prolonge un agenda franco-allemand formalisé en août 2025, qui avait déjà posé les bases d'une coopération renforcée entre les deux pays sur le quantique. Car la France et l'Allemagne ne partent pas de rien, toutes deux abritent certains des acteurs les plus avancés au monde dans ce domaine. Alors plutôt que de laisser ces forces vives travailler chacune dans leur coin, l'idée est de les faire converger.

L'objectif est de faire en sorte que chercheurs, industriels, financeurs et décideurs politiques des deux pays travaillent vraiment ensemble, à chaque étape du développement des technologies quantiques. Cela va de la recherche fondamentale jusqu'à leur commercialisation. L'enjeu est réel, puisqu'il s'agit, ni plus ni moins, de garantir que l'Europe développe ses propres solutions quantiques, sans dépendre de technologies étrangères, et qu'elle soit en mesure de les déployer à grande échelle.

Huit organisations unies pour un écosystème quantique européen compétitif et souverain

En marge de la fameuse réception, huit organisations ont signé une déclaration d'intention commune. Dans le lot, cinq sont Françaises, avec le CEA et le CNRS, pour la recherche publique, l'Inria en tant que spécialiste du numérique, Le Lab Quantique et la start-up Quandela, fer de lance de l'informatique quantique photonique qui vient de présenter son très intriguant projet AQeFLU avec Safran. Puis on retrouve deux entités allemandes, Fraunhofer, première organisation mondiale de recherche appliquée et le QUTAC (un consortium d'entreprises allemandes), en plus de l'European Champions Alliance, qui fédère les écosystèmes tech à l'échelle du continent.

Concrètement, les huit signataires se sont mis d'accord sur une série de chantiers prioritaires. Le premier consiste à identifier des applications réelles des technologies quantiques pour les entreprises et les industries. Le second ambitionne de tracer des feuilles de route réalistes pour que ces technologies soient effectivement adoptées à grande échelle en Europe. Ensuite, il y a l'objectif de fluidifier les échanges entre tous les acteurs (chercheurs, industriels, investisseurs et décideurs politiques. Et le quatrième, et non des moindres, doit mettre en lumière les réussites existantes pour encourager d'autres acteurs à sauter le pas.

Le dernier point, qui a son importance, est que cette alliance n'a pas vocation à rester un club fermé. Les huit signataires ont tenu à préciser que d'autres organisations, qu'elles soient européennes ou non, sont invitées à les rejoindre. Un message d'ouverture qui tombe à point nommé, alors que la compétition mondiale autour des technologies quantiques s'intensifie rapidement, portée notamment par les États-Unis et la Chine, et que la force de l'Europe se jouera aussi sur sa capacité à faire bloc.