Quandela et Safran Tech ont annoncé, jeudi, le lancement de AQeFLU, un projet de recherche qui utilise la puissance du calcul quantique pour simuler la façon dont l'air s'écoule autour des ailes et des réacteurs d'avion. L'aéronautique de demain se joue peut-être là.

Et si demain, un avion consommait moins grâce à un ordinateur quantique ? C'est, en substance, l'horizon qu'ouvre le projet AQeFLU, né de l'alliance entre Quandela, référence française de l'informatique quantique photonique, et Safran Tech. Annoncé ce 7 mai 2026, ce partenariat vise à révolutionner la façon dont on simule l'écoulement des fluides autour des profils aérodynamiques avec, derrière, de vraies ambitions industrielles.
Quandela et Safran sont convaincues d'accélérer le développeent des avions grâce au quantique
Avant même de construire un réacteur ou d'affiner la forme d'une aile, les ingénieurs doivent comprendre comment l'air va se comporter autour. Cela passe par des calculs numériques titanesques et des heures d'essais en soufflerie, un processus long et onéreux. Le projet AQeFLU part d'une question toute simple : le calcul quantique ne pourrait-il pas accélérer tout ça ?
L'idée n'est pas de tout réinventer, mais de faire mieux avec ce qu'on a. En ajoutant le quantique aux outils de simulation existants, les ingénieurs pourraient tester bien plus de configurations d'ailes ou de moteurs, sans multiplier les essais physiques. Au niveau des résultats, on peut s'attendre à des cycles de développement raccourcis, et des moteurs du futur conçus plus vite.
Dans cette collaboration, chacun apporte sa spécialité. Quandela maîtrise l'informatique quantique photonique. On rappelle le principe : au lieu de transistors, ses ordinateurs utilisent des particules de lumière pour effectuer des calculs. Safran Tech, de son côté, apporte des décennies d'expertise en mécanique des fluides. Notons que le projet est soutenu financièrement par la Région Île-de-France, via le programme PAQ Quantique.
Des moteurs plus verts et plus efficaces grâce aux algorithmes quantiques
Le projet avancera par étapes. Les équipes valideront d'abord leurs algorithmes sur des scénarios théoriques standardisés, de façon à s'assurer que les bases sont suffisamment solides avant de passer aux choses sérieuses. Car l'objectif final, très ambitieux, reste d'appliquer ces outils quantiques à des problèmes concrets comme la combustion dans les réacteurs ou l'optimisation des systèmes de propulsion.
Frédéric Feyel, le directeur de la plateforme digitale de Safran Tech, explique d'ailleurs les bénéfices potentiels. « À terme, l'utilisation du calcul quantique pourrait permettre de rendre les phases de conception industrielle plus efficaces, tout en ouvrant la voie à des avancées tangibles, comme l'amélioration des performances aérodynamiques et la diminution de la consommation de carburant », explique-t-il. On peut alors imaginer des avions mieux conçus, qui volent mieux et brûlent moins de kérosène.
Chez Quandela, Valérian Giesz, cofondateur et directeur des opérations de Quandela, voit encore plus loin que le seul projet AQeFLU. « Les années à venir seront charnières pour l'émergence d'applications industrielles utilisant le quantique. Notre collaboration est une nouvelle illustration de l'intérêt que portent les industriels européens pour l'ordinateur quantique », nous dit le dirigeant. On comprend ici que le quantique n'est plus réservé aux chercheurs en blouse blanche. Non, désormais, il entre dans les usines.