La deeptech française C12, pionnière des ordinateurs quantiques à nanotubes de carbone, s'allie au spécialiste logiciel Classiq, avec pour mission de rendre l'informatique quantique accessible aux entreprises et aux développeurs, dès maintenant.

La France avance dans le quantique avec l'alliance C12 et Classiq. © MeshCube / Shutterstock
La France avance dans le quantique avec l'alliance C12 et Classiq. © MeshCube / Shutterstock

Dans l'univers encore assez confidentiel de l'informatique quantique, un nouveau tandem franco-israélien vient d'être formé. C12, jeune pousse française qui développe le premier ordinateur quantique universel à base de nanotubes de carbone, et Classiq, référence du développement logiciel quantique en Israël notamment présente aux États-Unis et dans l'Hexagone, ont officialisé leur partenariat mardi 27 janvier. Ensemble, les deux acteurs entendent créer un écosystème complet où matériel ultra-performant et outils de développement accessibles permettront enfin aux entreprises de passer de la théorie aux applications concrètes.

Des nanotubes de carbone pour dompter les qubits capricieux du quantique

Le secret de C12 tient dans un matériau, à savoir les nanotubes de carbone. Imaginez des tubes minuscules, mille fois plus fins qu'un cheveu, faits de carbone ultra-pur. Ces structures cylindriques à l'échelle nanométrique constituent le matériau le plus pur disponible aujourd'hui pour minimiser les erreurs quantiques. Cette pureté est importante, puisque les qubits, les « bits » de l'ordinateur quantique, sont extrêmement sensibles. La moindre impureté les perturbe et provoque des erreurs. Les nanotubes de C12 diminuent nettement ces erreurs.

Cette pureté n'est pas qu'un exploit technique. Elle ouvre la voie à une architecture qui combine haute fidélité et capacité à monter en échelle. Grâce à l'intrication entre qubits (ce phénomène contre-intuitif où plusieurs particules restent liées peu importe la distance), la puissance de calcul du système se trouve démultipliée.

« Chez C12, nous sommes convaincus que l'informatique quantique doit désormais résoudre de vrais problèmes industriels, pas seulement des défis théoriques », déclare Pierre Desjardins, PDG et cofondateur de C12. Une ambition pragmatique qui justifie le partenariat avec Classiq.

Une plateforme logicielle qui parle toutes les langues quantiques

Du côté de Classiq, l'idée est de faciliter la vie des développeurs. Leur plateforme fonctionne comme un traducteur universel, c'est-à-dire qu'elle permet de programmer des algorithmes quantiques de manière simple, sans avoir à maîtriser tous les détails techniques de chaque type de processeur. Mieux encore, le logiciel est compatible avec toutes les technologies quantiques du marché, qu'il s'agisse de supraconducteurs, de piège ionique, d'atomes neutres ou même des simulateurs de NVIDIA et Intel.

Le cœur du partenariat reste l'intégration de Callisto, l'émulateur quantique de C12. Concrètement, il s'agit d'un logiciel qui simule le comportement d'un véritable ordinateur quantique à nanotubes de carbone, avec toutes ses imperfections et perturbations. L'avantage ? Les développeurs peuvent tester leurs programmes quantiques sur un ordinateur classique (jusqu'à 13 qubits simulés) avant que les machines physiques ne soient prêtes. L'édition Callisto Discovery modélise même les différents types de bruits physiques (charge, phonons, relaxation). Un gain de temps considérable.

Les développeurs peuvent ainsi utiliser le langage Qmod et les outils de Classiq pour créer et tester leurs algorithmes sur Callisto, comme s'ils travaillaient déjà sur la vraie machine. En pratique, cela signifie qu'ils préparent dès maintenant les applications de demain, sans attendre que l'ordinateur quantique physique soit commercialisé. « Cette solution crée un cadre évolutif, reliant le jumeau numérique Callisto de C12 aux futurs appareils quantiques, garantissant l'accès à un matériel toujours plus diversifié », conclut Nir Minerbi, PDG et cofondateur de Classiq.