Une startup californienne fondée par un ingénieur aérospatial ancien de la NASA, a démontré un système capable d'éteindre les flammes par des ondes sonores inaudibles, sans eau, sans mousse, sans résidu chimique. Le dispositif s'intègre à la structure d'un bâtiment et s'active seul. Deux services publics californiens testent déjà la technologie.

En Californie comme ailleurs, les maisons brûlent rarement d'un seul coup de flamme. Elles s'enflamment par accumulation de tisons dans la végétation adjacente ou par infiltration dans les aérations de toiture.
Geoff Bruder est un ancien de la NASA et il a créé sa startup Sonic Fire Tech en cherchant une solution aux ravages que l'eau cause sur les data centers, les musées et autres sous-stations électriques. Si l'eau est le pire ennemi des flammes, il peut aussi noyer des archives, des serveurs et collections avant même l'arrivée des pompiers. Et la solution, c'est l'infrason.
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Pourquoi l'eau éteint les flammes mais détruit souvent le contenu des bâtiments
Lors d'une démonstration de son dispositif à Concord en Californie, aux côtés des responsables du service incendie du comté de Contra Costa, Sonic Fire Tech a montré qu'il est capable d'éteindre des flammes dans un bac à distance par des ondes basse fréquence, sans contact ni résidu. Ces ondes poussent les molécules d'oxygène hors de la zone de combustion, privant le feu de l'un de ses carburants. Selon Geoff Bruder, le dispositif fait vibrer l'oxygène plus vite que le feu ne peut le consommer et bloque ainsi la réaction chimique.
Le dispositif est réglé pour agir sous 20 hertz, en dessous du seuil d'audibilité humaine. Albert Simeoni est le directeur du département de génie de la protection contre l'incendie au Worcester Polytechnic Institute. Il confirme que l'influence acoustique sur les flammes est connue de longue date en combustion, mais qu'il a longtemps été très compliqué de produire ces effets à grande échelle sans effets sonores destructeurs.
À ces fréquences, les ondes voyagent plus loin que des sons plus aigus et n'affectent ni les humains ni les animaux.
Comment le dispositif s'intègre au bâtiment et s'active sans aucune intervention humaine
Des conduits métalliques fixés sur le toit et sous les avant-toits diffusent les ondes, générées par un piston mû par un moteur électrique. Des capteurs infrarouges certifiés UL détectent étincelles et menaces d'ignition en temps réel. Dès qu'une signature thermique franchit le seuil de risque, le dispositif s'active seul. Une batterie de secours le maintient opérationnel lors d'une coupure de courant.
Arnaud Trouvé, directeur du département de protection contre l'incendie à l'université du Maryland, précise que les ondes acoustiques n'agissent efficacement que sur de petites flammes. C'est le point faible de Sonic, qui explique toutefois que l'objectif n'est pas d'éteindre un incendie déclaré, mais de neutraliser un foyer de braises avant qu'un bâtiment se devienne un brasier.
La startup travaille avec deux services publics californiens pour démontrer la technologie à grande échelle. Des particuliers ont signé des contrats. Un premier client à Santa Barbara a noté que le coût d'installation reste comparable à celui d'un système traditionnel à eau ou à mousse, et qu'en cas de fausse alarme, rien n'est abîmé.
Source : NBC