C'était un pari très risqué, et il n'a pas porté ses fruits. La Chine vient de d'ordonner l'annulation pure et simple du rachat de Manus AI par Meta, sous fond de tensions géopolitiques grandissantes.

Lancée en mars 2025, Manus AI a fait l'effet d'une bombe dans l'écosystème de l'intelligence artificielle (IA). Capable d'exécuter de manière autonome des tâches complexes sans supervision humaine à chaque étape, la plateforme a aussitôt été plébiscitée.
De quoi aiguiser l'appétit de Meta, en quête de devenir le leader mondial du secteur. La firme de Zuckerberg a ainsi mis 2 milliards de dollars sur la table pour s'offrir la start-up, un rachat rendu possible, en théorie, par la délocalisation préalable de celle-ci vers Singapour. Que nenni.
Le gouvernement bloque l'acqusition
Car Pékin n'a pas tardé à réagir. Dès le mois de janvier, le ministère du Commerce lançait une enquête formelle sur l'acquisition, cherchant à déterminer si la transaction respectait les lois chinoises en matière de contrôle des exportations et d'investissements étrangers. En mars, les deux cofondateurs de Manus, Xiao Hong et Ji Yichao, étaient convoqués à Pékin par la Commission nationale du développement et de la réforme (NDRC) et interdits de quitter le territoire.
L'intelligence artificielle étant devenue un enjeu de souveraineté nationale laisser partir une pépite vers le camp adverse n'est tout simplement pas une option envisageable pour l'Empire du Milieu. Le gouvernement a donc rendu son verdict ce 28 avril, annonçant sa décision « de bloquer l'acquisition étrangère du projet Manus ». Les parties sont désormais contraintes de procéder au démantèlement de la transaction.

- Exécution autonome des tâches
- Capacites multimodales avancées
- Intégration d'outils externes
Un précédent pour les autres start-up chinoises
Cette affaire fera certainement date, puisqu'elle enterre officiellement la stratégie de délocalisation vers Singapour, censée protéger les start-up chinoises de l'emprise de Pékin. Dorénavant, les jeunes pousses restent soumises à l'autorité de leur pays d'origine, peu importe où elles sont incorporées, dès lors qu'un acquéreur américain entre en jeu.
Et c'est Meta qui en paye le prix fort. Car les équipes de Manus sont déjà assimilées, tandis que sa technologie était en cours d'intégration. Difficile de démanteler un rachat dont les fonds ont déjà été versés aux investisseurs… La firme de Zuckerberg s'est ainsi contentée d'indiquer que la transaction « respectait pleinement le droit applicable ». Reste à voir si elle contestera officiellement la décision de la Chine.
Sources : The Next Web, Fortune