Le rachat de Manus AI, spécialiste des agents d'intelligence artificielle (IA), par Meta se complique. Et il fallait s'y attendre, puisqu'il s'agit d'une start-up chinoise. Les autorités ne semblent pas décidées à la laisser partir chez l'ennemi aussi facilement…

Ça se complique pour Meta dans le rachat de Manus AI. ©jackpress / Shutterstock
Ça se complique pour Meta dans le rachat de Manus AI. ©jackpress / Shutterstock

Il y a près d'un an, Manus choquait l'écosystème IA avec sa technologie made in China, qui a vite attiré la convoitise de Meta en quête de se refaire une santé dans la filière. La firme de Zuckerberg a finalement mis la main sur la start-up en décembre dernier pour 2 milliards de dollars, après lui avoir sagement conseillé de se délocaliser à Singapour. Mais les choses se gâtent.

Interdiction de quitter la Chine

D'après le très bien renseigné Financial Times, Xiao Hong et Ji Yichao, les deux cofondateurs de Manus, ont été convoqués ce mois-ci à Pékin par la Commission nationale du développement et de la réforme (NDRC), le puissant planificateur économique du pays. La raison : de potentielles violations des règles chinoises en matière d'investissements directs étrangers, notamment des obligations de déclaration liées aux changements de structure de l'entreprise.

Et désormais, les deux dirigeants ont interdiction de quitter le territoire chinois, bien qu'ils conservent la liberté de se déplacer à l'intérieur du pays. Cette tournure n'est pas étonnante. Peu de temps après l'acquisition, Meta tentait déjà de désamorcer les tensions géopolitiques en garantissant à Washington qu'aucun actionnaire chinois ne conserverait de participation dans Manus, et que ses services seraient même coupés en Chine. Le tout sans jamais consulter Pékin.

Car la relocalisation express de Manus à Singapour ne passe pas : il s'agit d'une pratique privilégiée pour contourner les restrictions américaines sur l'investissement dans les technologies chinoises sensibles. Les autorités de l'Empire du Milieu craignent en outre que cette affaire ne crée un précédent. Et il est hors de question de laisser des champions locaux migrer chez le principal rival.

Meta accélère drastiquement ses efforts dans l'IA. ©PixBound / Shutterstock
Meta accélère drastiquement ses efforts dans l'IA. ©PixBound / Shutterstock

Quelles options ?

Nous sommes, en effet, dans un contexte de guerre technologique ouverte entre les États-Unis et la Chine. La Maison-Blanche multiplie depuis plusieurs années les restrictions sur les semi-conducteurs, les outils de conception de puces et l'accès aux modèles d'IA avancés. Pékin ne peut tout bonnement pas se permettre de voir ses pépites fuir.

Cela ne dit rien qui vaille pour le rachat. Si aucune charge formelle n'a été retenue, la Chine dispose désormais d'un levier considérable pour la faire capoter, et pourrait tenter de le faire tomber à l'eau, ou exiger d'importantes concessions.

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