Le ministre de l'Économie Roland Lescure et plusieurs membres du Gouvernement ont publié 22 mesures pour électrifier l'économie française. La guerre en Iran fait flamber les prix des hydrocarbures ; pétrole, gaz et charbon représentent encore 60 % de l'énergie consommée en France et coûtent près de 60 milliards d'euros par an au pays. La part des fossiles doit passer de 58 % à 40 % de la consommation finale d'ici 2030, puis sous les 30 % en 2035.

Le plan "Électrifions la France" présente 22 mesures pour sortir des énergies fossiles et préserver la souveraineté du pays - ©Oleksiichik / Shutterstock
Le plan "Électrifions la France" présente 22 mesures pour sortir des énergies fossiles et préserver la souveraineté du pays - ©Oleksiichik / Shutterstock

C'est pour rompre avec cette dépendance que Sébastien Lecornu, Premier ministre, avait présenté les grandes lignes du plan le 10 avril dernier, comme vous pouvez le voir dans la vidéo de cet article. Le détail complet des mesures a été rendu public deux semaines après.

Près de 4,5 milliards d'euros par an de financements supplémentaires iront vers l'électrification d'ici 2030, s'ajoutant aux 5,5 milliards déjà engagés. Connaissance des Énergies Le gouvernement compte sur la redirection de montants déjà prévus ailleurs, notamment via les certificats d'économie d'énergie, réorientés à hauteur de 1,1 milliard dans le bâtiment, 0,2 milliard dans l'industrie et 2,1 milliards dans les transports. Connaissance des Énergies

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MaPrimeRénov' ne financera plus les rénovations qui conservent le gaz

Dès la fin de l'année 2026, il ne sera plus possible de construire un logement neuf avec une chaudière à gaz.

À partir du 1er septembre 2026, MaPrimeRénov' ne pourra plus subventionner les rénovations d'ampleur dans les maisons individuelles si celles-ci prévoient de conserver un chauffage au gaz à l'issue des travaux. Dans le parc social, l'éco-PLS ne financera plus aucune nouvelle installation au gaz à compter du 1er janvier 2027. Le gouvernement vise 1 million de pompes à chaleur installées par an d'ici 2030, contre environ 179 000 PAC air-eau vendues en 2025.

Les petits professionnels sont également concernés par ce plan. L'appel à projets DECARB FLASF finance l'électrification des entreprises artisanales avec une enveloppe de 16 millions d'euros. Bpifrance ouvre dès le 1er mai le prêt « Action élec ta boite » pour financer les équipements électriques des artisans, remboursable entre trois et sept ans, avec possibilité de deux ans de différé. Le plan cible particulièrement les fours à pain, dont un quart fonctionnent encore au gaz ou au fioul, mais aussi les chaudières industrielles, les tracteurs, les petits navires, en passant par les engins de chantier. Pour les poids lourds, les aides à l'achat des tracteurs routiers électriques passent de 60 000 à plus de 100 000 euros à partir du 1er juin 2026.

La flexibilité du réseau et la fiscalité ne sont pas abordées dans le plan

Sur le réseau routier national, le Gouvernement veut multiplier par cinq le nombre de points de recharge pour véhicules légers d'ici 2035, soit environ 22 000 points sur 900 aires, et porter le nombre de bornes poids lourds à 8 000 sur quelque 560 aires.

Toutefois, il manque deux mesures à ce plan. Andreas Rüdinger, coordinateur transition énergétique à l'Institut du développement durable et des relations internationales, regrette que la fiscalité n'ait pas été abordée, alors que le gaz fossile reste bien moins taxé en France que l'électricité bas carbone. Céline Stein, CEO d'Octopus Energy France, note de son côté l'absence de mesures sur la flexibilité du réseau.

Les industriels raisonnent en coût complet, prix de l'énergie, coûts de réseau, fiscalité et volatilité des marchés confondus, et plaident pour des contrats leur permettant de sécuriser les prix sur cinq à dix ans. Andreas Rüdinger doute que les moyens financiers soient à la hauteur des ambitions affichées.