Sam Altman ne cache plus son ambition : faire de ChatGPT un assistant qui touche à tout. Y compris à vos finances personnelles. Et ça pose quelques questions.

Après la santé, la cybersécurité et le code, OpenAI s'attaque à un nouveau territoire sensible. L'entreprise a confirmé le rachat de Hiro Finance, une jeune pousse spécialisée dans la planification financière assistée par IA. L'application ferme ses portes le 20 avril. Les données utilisateurs seront supprimées le 13 mai.
OpenAI collectionne les verticaux avant son entrée en Bourse
Derrière Hiro se trouve Ethan Bloch, un entrepreneur au parcours remarqué dans la fintech. En 2021, il avait revendu Digit, une application d'épargne automatique, à la société de prêts Oportun pour environ 230 millions de dollars. Avant cela, il avait cédé Flowtown, un outil de marketing social, pour 4,5 millions de dollars en 2009. Bloch cumule donc plus de 230 millions de dollars de sorties à son actif, un profil rare que Sam Altman s'empresse de récupérer.

- Chat dans différentes langues, dont le français
- Générer, traduire et obtenir un résumé de texte
- Générer, optimiser et corriger du code
Hiro n'avait que cinq mois d'existence. L'application se distinguait par sa capacité à vérifier la précision mathématique de ses recommandations. Un point sensible : les outils d'IA générative sont souvent sujets aux hallucinations sur les chiffres. Le projet avait séduit des investisseurs de renom sans jamais voir de montant divulgué concernznt les levées de fond.
Quand l'IA touche à l'argent, la réglementation ne suit pas
En mars, la firme de Sam Altman avait déjà acquis Promptfoo, un outil open source d'évaluation et de sécurité des agents IA. Plus de 125 000 développeurs l'utilisaient. La logique est similaire : absorber des équipes expertes plutôt que de construire en interne.
Hiro n'est d'ailleurs pas la première incursion d'OpenAI dans la finance personnelle. La société avait déjà procédé à une acquisition comparable dans ce secteur, sans que les détails n'aient été rendus publics. Cette répétition suggère une volonté d'intégrer des fonctionnalités financières directement dans ChatGPT ou dans des produits dédiés aux entreprises.
En Europe, la situation diffère. Le règlement IA (AI Act), en vigueur depuis février 2025, vise directement ce type d'usage. Les systèmes d'IA qui évaluent la solvabilité ou pilotent des décisions financières sont classés « à haut risque ». Conséquence : audits de conformité obligatoires, transparence algorithmique exigée, recours humain garanti. Pour l'instant, ChatGPT Santé n'est pas disponible en France. Un hypothétique ChatGPT Finance suivrait probablement le même chemin : les États-Unis d'abord, l'Europe ensuite. Si elle y arrive.
Pour les fintechs européennes, le signal est double. D'un côté, l'AI Act pourrait servir de rempart contre l'arrivée de ChatGPT sur leur terrain. De l'autre, il confirme que les géants de l'IA considèrent la finance personnelle comme le prochain front.