On le sait, Elon Musk est un habitué des prédictions incroyablement optimistes. Et il vient de réitérer, en promettant une cadence de lancements qui semble quasi inatteignable à moyen terme.

Elon Musk promet une cadence de lancement bien plus élevée. ©bluecat_stock / Shutterstock
Elon Musk promet une cadence de lancement bien plus élevée. ©bluecat_stock / Shutterstock

Et c’est une fois de plus sur X, anciennement Twitter, que le milliardaire a sévi. Répondant à un internaute qui félicitait le rythme du Falcon 9 après deux missions dans la même journée, Musk a indiqué que « d'ici quatre ou cinq ans, il y aura un lancement toutes les heures  ». S’il est vrai que SpaceX nous a habitués à pulvériser les records, cette déclaration semble malgré tout ambitieuse. Pour ne pas dire vertigineuse.

L’équivalent de 24 lancements par jour

Si en 2025, Falcon 9 a réalisé 165 vols, un nombre certes impressionnant, cela représente environ un lancement tous les deux jours et demi, pas 24 par jour… D’autant que ce rythme exceptionnel dépend déjà d’une logistique lourde qui comprend le réapprovisionnement, les inspections, les récupérations mais aussi les disponibilités des pas de tir.

Atteindre 24 lancements quotidiens impliquerait soit une multiplication massive des sites, soit une cadence sur un même pas de tir qui n’a encore jamais été testée à cette échelle.

Mais ce n’est pas tout. Il est vrai que SpaceX peut aujourd’hui être considérée comme un roi de la réutilisation ; récemment, un Falcon 9 effectuait son 33e vol, mais ce savoir-faire ne transforme pas un lanceur en système sans maintenance. Plus on pousse la cadence, plus les marges de sécurité, les inspections et les aléas techniques deviennent cruciaux.

Le prototype d'une fusée Starship sur son pas de tir. ©SpaceX
Le prototype d'une fusée Starship sur son pas de tir. ©SpaceX

Difficilement tenable, même avec Starship

En prenant tout cela en compte, il y a fort à parier qu’Elon Musk incluait aussi le Starship dans l’équation. Car la mégafusée, dont les deux étages seront réutilisables, doit à terme être produite à une échelle industrielle inédite. Mais là aussi, les calculs semblent tout de même défier la gravité.

À ce jour, SpaceX n’a réalisé qu’une poignée de vols d’essai de son mastodonte, dont plusieurs se sont soldés par des explosions. La transition entre un prototype en cours de qualification et un lanceur opérationnel cadencé à l’heure relève d’un saut industriel colossal.

Et produire 1 000 Starship par an ne devrait pas suffire : encore faut-il les remplir, les lancer, les récupérer et les remettre en état dans des délais compatibles avec un rythme horaire. Dans ce contexte, la déclaration de l’entrepreneur paraît difficilement tenable. S’agit-il de nouveaux propos voués à faire grimper l’engouement autour de l’entrée en Bourse prochaine de SpaceX ? C’est probable. Mais attention, impossible n’est pas Muskien…