PLD Space, fleuron espagnol du spatial, vient de boucler une levée de fonds record. Prochaine étape : l'orbite, puis la production en série.

PLD Space voit déjà très grand. ©PLD Space
PLD Space voit déjà très grand. ©PLD Space

Fondée en 2011 et basée à Elche, dans la communauté valencienne, PLD Space est devenue en quinze ans la principale start-up spatiale d'Espagne, et l'une des rares en Europe à développer ses propres lanceurs de A à Z. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle voit très grand. Une ambition saluée par les investisseurs.

Premier vol orbital cette année

Car l'entreprise a annoncé, ce 4 mars, une levée de fonds à hauteur de 180 millions d'euros, soit la plus importante par une société spatiale européenne depuis le début de l'année. Un tour de table mené par Mitsubishi Electric, qui confectionne notamment des satellites, aux côtés des organismes publics espagnols CDTI et COFIDES.

Les fonds vont permettre à PLD Space de passer à la production en série, avec un objectif très ambitieux : dépasser 30 lancements par an d'ici à 2030. « Ce financement renforce notre stratégie à long terme pour fournir un accès global à l'espace depuis l'Espagne, la Guyane française, Oman et le Japon », explique Ezequiel Sánchez, président exécutif de la société.

Mais cela va commencer, dès cette année, par le premier vol orbital de Miura-5. Ce micro-lanceur de deux étages est conçu pour placer de petits satellites en orbite basse ou en orbite héliosynchrone. Et il possède une particularité notable : son premier étage est récupérable, via parachute dans un premier temps, puis par atterrissage propulsif dans les versions futures.

Les gammes de fusées de PLD Space. ©PLD Space
Les gammes de fusées de PLD Space. ©PLD Space

Un passage à l'échelle très ambitieux

En parallèle, l'étoile montante du New Space européen développe une famille de lanceurs plus puissants sous le nom de Miura Next, déclinée en versions Heavy et Super Heavy (coucou SpaceX). Ils seront capables, à terme, de transporter plusieurs dizaines de tonnes en orbite basse, voire d'atteindre la Lune ou Mars. PLD Space ambitionne même de développer une capsule réutilisable, d'abord pour du fret, puis pour des missions habitées.

Mais ne mettons pas la charrue avant les bœufs, l'entreprise doit avant tout réaliser sa première mission commerciale en 2027. Elle propulsera, depuis le Centre spatial guyanais où elle dispose d'un pas de tir dédié, deux satellites en orbite basse pour l'opérateur espagnol Sateliot, spécialisé dans la connectivité IoT.

L'évolution de PLD Space reflète aussi la montée en puissance de l'Espagne. Pour la première fois de son histoire, le pays est devenu le quatrième contributeur au budget de l'Agence spatiale européenne (ESA), derrière l'Allemagne, la France et l'Italie.

Source : Space News