L'Agence spatiale européenne (ESA) peut se réjouir. À une époque où on parle partout de budgets contraints, elle voit le sien exploser grâce à la première économie du continent.

© Torsten Pursche / Shutterstock
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La conquête de l'espace ne concerne pas que les États-Unis et la Chine. L'Europe veut aussi avoir son mot à dire dans cette grande aventure, ce qui va passer notamment par l'envoi sur la Lune d'Européens, dont un Français. Mais comme annoncé récemment, si un Français, un Italien et un Allemand seront les premiers habitants du Vieux Continent à y mettre les pieds, l'ESA a donné la première place parmi les trois à un citoyen de l'Allemagne. Et ça a sûrement un lien avec certaines questions budgétaires.

L'ESA voit son budget gonfler très fortement

L'espace, toutes les grandes puissances en rêvent. L'Union européenne ne fait pas exception, et, pour cela, les grandes économies du Vieux Continent ont décidé d'ouvrir le portefeuille. Résultat, l'Agence spatiale européenne vient d'annoncer un budget en augmentation de 30% (17% en prenant en compte l'inflation) pour la période 2026-2028.

Ce dernier va ainsi s'établir à 22,07 milliards d'euros sur la période en question. Et dans ce domaine, parmi les activités de l'ESA qui vont bénéficier de cette hausse, on a en premier lieu le transport spatial, dont l'enveloppe croît pour l'occasion de 57%. L'ESA prend ainsi en compte son état actuel de fragilité dans ce secteur avec la rupture des liens avec l'agence spatiale russe Roscomos depuis le début de la guerre en Ukraine, et les retards pris dans le projet Ariane 6.

© Arianespace
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L'Allemagne devient le premier contributeur incontesté

Un budget en hausse qui est le fruit d'un effort collectif, puisqu'à part la Roumanie, la Suède et le Royaume-Uni, tout le monde a augmenté sa contribution. Mais certains plus que d'autres. Plusieurs pays comme l'Espagne ou la Pologne ont ainsi tout simplement décidé de plus que doubler leur mise.

Mais si le budget monte aussi rapidement, c'est d'abord et surtout dû à l'Allemagne, dont la mise est augmentée de 45% par rapport à ce qu'elle donnait en 2022, ce qui porte sa contribution à tout simplement plus de 5 milliards de dollars. Un chiffre qui lui permet de s'installer devant la France (3,6 milliards d'euros) et l'Italie (3,5 milliards d'euros). On comprend donc le choix de l'ESA de faire d'un Allemand le premier Européen à aller sur la Lune. On pourrait appeler cela la reconnaissance du ventre.