L'INPI vient de publier son palmarès 2025 des déposants de brevets en France. Avec 16 807 dépôts enregistrés, soit +8,7 % en un an, l'innovation française retrouve son niveau d'avant-pandémie.

Après plusieurs années de relative stabilisation, les dépôts de brevets en France, déjà championne d'Europe de la demande, retrouvent un vrai souffle avec 16 807 demandes enregistrées en 2025, un niveau comparable à l'avant-Covid. Le palmarès de l'Institut national de la propriété intellectuelle (INPI), publié ce mardi 3 mars 2026, dresse le portrait d'une industrie qui innove avec constance, portée par l'automobile, l'aéronautique et un numérique en plein essor. Renault Group fait une entrée remarquée sur le podium, pendant que la recherche publique et les entreprises de taille intermédiaire rappellent qu'en matière d'innovation, les grandes manœuvres ne se jouent pas qu'en tête de classement.
Stellantis, Safran, Renault Group, un podium à l'image de l'industrie française
Pour la troisième année consécutive, Stellantis et Safran occupent les deux premières places avec respectivement 1 294 et 1 266 demandes de brevet en 2025. La grande nouveauté de cette édition ? Renault Group s'installe en troisième position avec 746 dépôts, une hausse de plus d'un quart par rapport à 2024 pour le constructeur automobile, qui retrouve le podium pour la première fois depuis 2010.
Derrière ce trio, le reste du Top 10 bouge assez peu. L'Oréal cède une place mais reste solidement quatrième avec 714 dépôts. La bonne surprise vient d'Orange, qui s'invite à la neuvième place avec 288 demandes, au détriment de Michelin qui sort du Top 10. Le CEA, lui, conserve la cinquième place avec 568 demandes, toujours seul établissement public dans le top 5 depuis plus de quinze ans.
Du côté des entreprises de taille intermédiaire, quatre acteurs sont présents dans le Top 50. Gaztransport et Technigaz (GTT) tient sa 23e place, Soitec confirme la sienne à la 25e. ACC (Automotive Cells Company) gagne dix rangs pour atteindre la 26e position, preuve que les batteries électriques ont le vent en poupe, tandis que Verkor, spécialiste des batteries lithium-ion bas carbone, intègre officiellement cette année la catégorie ETI à la 46e place.

Neuf établissements publics dans le Top 50, la recherche française ne faiblit pas
Neuf établissements publics figurent dans le Top 50, dont quatre universités et un institut polytechnique. L'Université Grenoble Alpes, par exemple, ouvre la marche à la 29e place avec 60 dépôts, suivie par Bordeaux, Lyon 1, Paris-Saclay et l'Institut Polytechnique de Bordeaux, nouvelle entrée cette année à la 46e place.
Sur le plan sectoriel, la filière mobilité (avec l'automobile, l'aéronautique et les transports) reste sans rival avec 31% des entreprises du classement. Le numérique et les télécoms arrivent ensuite avec 19%, devant la santé, la cosmétique et la chimie (14%), à égalité avec l'énergie. Une diversité qui illustre l'étendue des champs dans lesquels les entreprises françaises protègent leurs innovations.
L'INPI vient aussi de publier le palmarès des titulaires de brevets en vigueur. Et ce dernier est de très loin dominé par le géant de l'aéronautique Safran, avec 18 168 brevets actifs, soit presque le double de Stellantis (9 731), deuxième. Petite nouveauté de cette édition, l'INPI a lancé le site palmaresbrevets.inpi.fr, une plateforme de datavisualisation très intéressante, qui permet d'explorer plus de vingt ans de données, jusqu'aux palmarès régionaux détaillés.