Si l'on entend surtout parler de Neuralink, entreprise cofondée par Elon Musk, dans le domaine des interfaces cerveau ordinateur, des acteurs toujours plus nombreux entendent exploiter cette technologie. C'est notamment le cas en Chine.

La Chine mise sur les interfaces cerveau ordinateur. ©DSLR shoots / Shutterstock
La Chine mise sur les interfaces cerveau ordinateur. ©DSLR shoots / Shutterstock

Car c'est l'ambition de Pékin : devenir un leader mondial de la filière. Pour y parvenir, les autorités ont désigné les interfaces cerveau ordinateur comme un secteur stratégique national. Une feuille de route prévoit même le développement de deux à trois entreprises « de classe mondiale » d'ici à 2030. Et NeuroXess pourrait bien en faire partie.

Une technologie moins invasive que Neuralink

Fondée en 2021, cette jeune pousse basée à Shanghaï Alors que NeuroXess n’existe que depuis 2021, la jeune pousse basée à Shanghai développe un dispositif composé d'un maillage métallique posé à la surface du cerveau, relié à un processeur implanté dans la poitrine qui transmet ensuite les signaux vers un ordinateur externe. Une approche pensée avant tout pour des usages médicaux, notamment chez les personnes atteintes de paralysie sévère ou de sclérose latérale amyotrophique.

A contrario, Neuralink mise sur des électrodes ultra-fines directement insérées dans le tissu cérébral afin de capter des signaux plus précis. NeuroXess privilégie, elle, une implantation en surface, jugée moins invasive et potentiellement plus durable, même si les débits de données restent pour l'instant inférieurs. Pour rappel, la société d'Elon Musk mène actuellement un essai clinique mondial impliquant une vingtaine de patients, afin de démontrer la capacité de ses implants à traduire rapidement l’activité neuronale en actions numériques complexes.

De son côté, NeuroXess a déjà franchi une étape importante avec son premier test humain. Selon son fondateur, Tiger Tao, un patient paralysé aurait réussi à déplacer un curseur sur un ordinateur seulement cinq jours après l'implantation.

Illustration d'un implant cérébral. ©ktsdesign / Shutterstock
Illustration d'un implant cérébral. ©ktsdesign / Shutterstock

La Chine dispose d'un avantage clair

L'écosystème chinois est en pleine ébullition. Le nombre de levées de fonds dans le domaine a nettement progressé, tandis qu'une dizaine d'essais cliniques ont été lancés récemment.

L'Empire du Milieu dispose d'un avantage de taille : un immense vivier de patients atteints de paralysies sévères ou de maladies neurodégénératives. De quoi grandement faciliter le recrutement pour les essais médicaux. Selon Tiger Tao, plusieurs millions de personnes souffrant d'une perte totale de motricité et de langage pourraient bénéficier à terme de ce type de dispositifs.

À plus long terme, NeuroXess veut réduire drastiquement l'invasivité de ses implants, avec des incisions plus petites et des systèmes miniaturisés capables d'élargir les usages au-delà du seul cadre médical. Son fondateur évoque déjà une phase d'optimisation rendue possible par l'accumulation rapide de données et la baisse des coûts, dans l'idée de démocratiser progressivement ces interfaces.