Aux JO 2026 de Milan, un duo tchèque a patiné sur une musique générée par IA. Le problème ? L'algorithme a copié-collé les paroles de tubes des années 90. Une solution miracle qui vire au fiasco juridique.

Le frère et la sœur Kateřina Mrázková et Daniel Mrázek ont marqué leur première participation olympique d'une manière inattendue : en utilisant une musique créée par intelligence artificielle pour leur programme de danse rythmique. Les commentateurs de NBC ont révélé en direct que la première partie de leur bande-son était générée par IA. Une première olympique qui a rapidement tourné à la controverse. Depuis 2014, le patinage artistique autorise les musiques avec paroles, mais cette liberté s'accompagne d'un casse-tête : les droits d'auteur.
Quand l'IA plagie les New Radicals et Bon Jovi
Le duo tchèque devait présenter un programme sur le thème « Musique et ambiance des années 90 ». Là où leurs concurrents ont opté pour Spice Girls ou Lenny Kravitz, les Mrázek ont choisi l'IA. Leur chanson, baptisée « One Two by AI », contenait des paroles intégralement pompées sur « You Get What You Give » des New Radicals : « Every night we smash a Mercedes-Benz », « Wake up, kids/We got the dreamer's disease ».
Même le titre fait référence au décompte « One, Two » du morceau original. Face au tollé en novembre dernier, le duo a modifié sa musique pour les Jeux. Nouvelle version, nouveau plagiat : l'IA a cette fois généré des paroles calquées sur « Raise Your Hands » de Bon Jovi, avec un chanteur virtuel qui imite la voix du rockeur américain. Le tout suivi d'une transition vers « Thunderstruck » d'AC/DC, cette fois une vraie chanson des années 90. Leur prestation leur a valu un score de 72,09 points, très loin du podium.
Le piège des droits d'auteur en patinage
Cette affaire illustre un paradoxe gênant : les patineurs voulaient échapper aux problèmes de licence musicale, mais l'IA les a plongés dans un bourbier de propriété intellectuelle. Les modèles de langage sont entraînés sur d'immenses bibliothèques musicales, souvent dans des conditions légales floues. Quand on leur demande une chanson « dans le style de Bon Jovi », ils crachent la réponse statistiquement la plus probable : du vrai Bon Jovi. En droit américain, cela constitue une œuvre dérivée, soumise aux mêmes règles de copyright. Le patinage artistique traverse depuis plusieurs années une crise des droits d'auteur.
L'Union internationale de patinage exige désormais des autorisations via des plateformes comme ClicknClear. Quelques jours avant les JO, le patineur espagnol Ilia Guarino Sabaté a dû abandonner son programme à cause d'un refus de dernière minute. Les sanctions peuvent grimper jusqu'à 150 000 dollars par infraction aux États-Unis. Face à ces contraintes, l'IA semblait une échappatoire séduisante. Sauf qu'elle ne fait que recycler ce qui existe déjà.
L'exploit olympique des Mrázek restera surtout comme un avertissement : l'IA ne crée rien, elle copie avec style.