Serait-ce le chant du cygne pour l'application Telegram en Russie ? Depuis ce mardi 10 février, des utilisateurs rencontrent des difficultés d'accès à l'une des plateformes de messagerie les plus utilisées au monde.

Après les applications du groupe Meta, c'est au tour de Telegram de faire l'objet de nouvelles restrictions en Russie. Depuis deux jours, des utilisateurs affirment rencontrer des problèmes d'accès à la plateforme. Les autorités russes ont en effet décidé de commencer à ralentir le service de messagerie qui compte plus d'un milliard d'utilisateurs dans le monde. La raison invoquée ? L'absence de lutte contre l'usage de l'application à des fins criminelles et terroristes.
Telegram restreint en Russie : l'application serait le refuge des criminels et terroristes
L'année dernière, le Roskomnadzor, le service fédéral qui régit les communications et l'information en Russie, a bloqué l'accès à l'application WhatsApp. Après avoir inauguré une première salve de restrictions et d'interdictions à plusieurs plateformes et messageries sociales il y a plusieurs années, parmi lesquelles Facebook, Snapchat, Discord et même Telegram, les autorités russes passent maintenant à la vitesse supérieure avec la messagerie de Pavel Durov.
Ce mardi 10 février, le Service fédéral de supervision des communications, des technologies de l’information et des médias a annoncé mettre en place des mesures pour restreindre progressivement l'accès à Telegram sur le territoire. Les autorités considèrent que l'application est utilisée à des fins criminelles et que ses dirigeants refusent de se conformer aux exigences en matière de prévention de la criminalité. En 2020, Durov affirmait pourtant vouloir « lutter contre le terrorisme et l’extrémisme ».
L'été dernier, l'agence russe avait d'ailleurs déjà expliqué que WhatsApp et Telegram étaient « les principaux services vocaux utilisés pour l’escroquerie et l’extorsion d’argent, ainsi que pour l’implication de citoyens russes dans des activités de sabotage et terroristes ».
Pavel Durov dénonce une atteinte à « la liberté des citoyens »
Comme rapporté par Le Monde, le fondateur de Telegram a annoncé sur sa propre plateforme vouloir défendre « la liberté d’expression et la vie privée, quelles que soient les pressions ». Il estime par ailleurs que « restreindre la liberté des citoyens n’est jamais la bonne solution ». D'après lui, la Russie veut « forcer ses citoyens à migrer vers une application contrôlée par l’Etat, conçue pour la surveillance et la censure politique ».
Quoi qu'il en soit, depuis le 9 février dernier, les utilisateurs russes rencontrent des difficultés d'accès lors de l'utilisation de Telegram. Selon les informations rapportées par le média RBC, des plaintes similaires avaient été enregistrées à la mi-janvier et à la fin décembre.