Après la publication des conclusions préliminaires de la Commission européenne pointant son design addictif, TikTok monte au créneau avec une réponse très ferme. La plateforme dégaine ses arguments scientifiques et techniques pour démonter les accusations de violation du Digital Services Act.

TikTok ne compte pas se laisser faire. Dans une réaction officielle transmise suite à l'annonce des conclusions préliminaires de Bruxelles, la plateforme ne mâche pas ses mots. Un porte-parole affirme :
"Les conclusions préliminaires de la Commission présentent une description catégoriquement fausse et totalement dénuée de fondement de notre plateforme, et nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour contester ces conclusions par tous les moyens à notre disposition".
Des écrans nocifs pour les jeunes ? Pas selon l'UNICEF
La défense de la plateforme repose sur un argument central : aucune étude ne prouve formellement la nocivité du temps d'écran. TikTok cite directement l'UNICEF qui ne trouve pas "de preuve claire que le temps d'écran nuit directement à la santé mentale des enfants". Dans son rapport (PDF), l'organisation ajoute que "bien qu'un temps d'écran accru puisse parfois être associé à un risque plus élevé d'exposition à des contenus préjudiciables ou à des expériences abusives, l'effet est faible".
TikTok se permet même de retourner un argument de la Commission contre elle-même. Dans un document récent relatif au DSA envoyé au Parlement européen, Bruxelles cite explicitement le fil non personnalisé de TikTok comme exemple de "système de recommandation alternatif qui informe et engage les utilisateurs plutôt que de les exploiter en les rendant accros".

Un ensemble d'outils déjà à disposition
L'entreprise détaille ensuite son arsenal d'outils : limites quotidiennes personnalisables, heures de sommeil avec méditation guidée, pauses suggérées et tableau de bord intégré. TikTok met en avant son système de badges qui récompense les comportements vertueux. Cette approche s'appuie sur les travaux du Digital Wellness Lab, lesquels démontrent que les méthodes trop restrictives peuvent être "punitives et contre-productives". Des recherches récentes citées par l'entreprise confirment que la plupart des participants ayant connaissance et utilisant les fonctionnalités de temps d'écran s'en servent principalement pour surveiller et réguler leur usage global du smartphone.
Pour les adolescents, les comptes des 13-17 ans disposent d'une limite automatique de 60 minutes par jour. Après 22h, le fil "Pour toi" est interrompu par une méditation en plein écran. Les notifications push sont coupées dès 21h pour les 13-15 ans et à partir de 22h pour les 16-17 ans. L'outil Family Pairing permet aux parents de définir des limites que l'adolescent ne peut contourner en changeant de compte ou en se déconnectant.