Le mystérieux « T1 », le smartphone lié à l'écosystème de Donald Trump, refait enfin surface après des mois de silence. Si l'appareil existe bel et bien, ses caractéristiques et son prix ont radicalement changé, comme sa promesse d'origine : celle d'un produit « made in USA » qui semble s'être évaporée au profit d'une fabrication plus internationale.

Alors que la sortie était initialement prévue pour août 2025, puis reportée à la fin de l'année dernière, deux dirigeants de Trump Mobile ont finalement rompu le silence lors d'un appel vidéo avec The Verge. Ils y ont dévoilé un prototype proche de la production, tout en tentant de justifier un virage stratégique majeur. Finie la promesse d'un téléphone 100 % américain ; le discours marketing mise désormais sur une étiquette « Fièrement américain » bien plus floue, cachant une réalité industrielle complexe.
Un smartphone « monté » en Floride, mais né ailleurs
Le revirement le plus notable concerne l'origine de l'appareil. À son lancement en juin 2025, Trump Mobile affichait fièrement des bannières « Fabriqué aux États-Unis ». Aujourd'hui, les dirigeants admettent que le gros de la production se fait dans une « nation favorite » (comprendre : un pays tiers qui n'est pas la Chine), tandis que seul « l'assemblage final » des dix dernières pièces s'effectue à Miami.
Ce montage juridique et industriel permet d'afficher des mains américaines sur le produit sans toutefois pouvoir légalement revendiquer le label officiel de la FTC, l'organisme de régulation américain des télécoms, pour une fabrication domestique.
Pour justifier le retard de six mois, l'entreprise explique avoir voulu « sauter l'étape du téléphone d'entrée de gamme » pour proposer directement un produit premium. Ce changement de cap s'accompagne d'une fiche technique gonflée : écran incurvé de 6,78 pouces, processeur Snapdragon série 7, et capteurs photo de 50 mégapixels à l'avant comme à l'arrière. Exit le logo « T1 » sur la coque, seule subsistera l'image du drapeau américain, symbole d'un appareil qui se veut avant tout un étendard politique.
Une facture salée et un lancement incertain
Cette montée en gamme a un coût, et c'est le consommateur qui va devoir passer à la caisse. Si les premiers acheteurs ayant versé un acompte de 100 $ conservent leur prix préférentiel de 499 $, les nouveaux clients devront débourser une somme nettement plus élevée. Trump Mobile évoque désormais un prix « inférieur à 1 000 $ », sans plus de précision.
Un positionnement audacieux pour une marque qui doit encore faire ses preuves sur un marché ultra-concurrentiel où, pour cette même somme, on peut acheter un iPhone ou un Google Pixel bien plus puissant, et où ce type de caractéristiques sont disponibles sur des smartphones au tarif compris entre 500 et 600 $.
La question reste de savoir si les clients verront un jour la couleur de ce téléphone doré. Actuellement, l'appareil attend toujours ses certifications techniques définitives auprès de T-Mobile, espérées pour la mi-mars 2026. Malgré les promesses d'une mise à jour imminente du site web avec les visuels finaux, la prudence reste de mise. Pour un téléphone qui affiche toujours « plus tard cette année » sur sa page officielle, la même mention qu'en 2025, ce nouveau calendrier ressemble à un ultime pari pour une marque qui joue gros sur sa crédibilité matérielle.
Source : CNET US