À l'occasion de la 23e édition du Safer Internet Day, Microsoft publie les résultats de son enquête mondiale sur la sécurité en ligne. Sur 14 797 personnes interrogées dans 15 pays, 64% déclarent avoir été confrontées à au moins un risque numérique en 2025. De leur côté, les deepfakes et l'IA générative suscitent de plus en plus d'inquiétude. D'ailleurs, de moins en moins d'internautes avouent être en mesure de pouvoir discerner le vrai du faux.

Le Global Online Safety Survey 2026 marque la dixième édition de cette étude annuelle. Microsoft interroge adolescents, parents et adultes depuis 2016 sur leurs expériences et leurs préoccupations face aux menaces numériques.
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Le discours haineux devant les arnaques et les contenus violents
Sur l'ensemble des 15 pays étudiés, 64% des répondants ont été exposés à au moins un risque significatif sur Internet entre juin 2024 et juin 2025. Le discours haineux arrive en tête avec 35% des personnes interrogées, suivi par les fraudes et arnaques en ligne (29%), puis les contenus violents ou choquants (27%). Les fraudes en ligne constituent la préoccupation numéro un pour toutes les tranches d'âge, avec un pic chez les générations X et baby-boomers (46%).
Chez les adolescents, les inquiétudes sont assez spécifiques : 33% citent le cyberharcèlement et 23% les menaces de violence. Le bon point, c'est que 74% des adolescents confrontés à un risque en ont parlé à quelqu'un ou l'ont signalé, et 75% ont activement choisi de bloquer un compte ou fermer leur propre compte. Pour encourager davantage de signalements, les jeunes réclament trois améliorations : la garantie d'anonymat (47%), l'assurance que leur signalement sera examiné (44%) et des options de signalement plus faciles à trouver (41%).
L'adoption de l'IA générative explose : 38% des répondants l'utilisent désormais au moins une fois par semaine, contre 13% en 2023. Les diplômés universitaires (62%), les adolescents (57%) et les générations Y et X (58%) sont les plus gros consommateurs. Ils l'utilisent principalement pour trois raisons : répondre à des questions (42%), comme outils de planification (41%) et pour gagner en efficacité au travail (37%).
France : un effondrement de la confiance face aux deepfakes
Nous rapportions en juin 2025 que les fraudes par deepfake avaient bondi de 700% en France en un an. Les nouveaux chiffres de Microsoft confirment cette tendance à travers le monde : seuls 25% des personnes interrogées estiment désormais pouvoir distinguer de manière fiable une image réelle d'une image générée par IA. La majorité des participants ont obtenu des résultats inférieurs au hasard lors de tests d'authenticité.
En France, 56% des répondants déclarent avoir été confrontés à au moins un risque en ligne au cours de l'année écoulée. Même avec ce chiffre, le pays figure parmi les territoires les moins exposés aux côtés du Danemark et de la Corée du Sud. En revanche, l'Afrique du Sud et l'Inde enregistrent les taux les plus élevés avec 79%. En France, c'est le discours haineux qui domine (29%), devant les arnaques et fraudes (20%) et les contenus violents ou choquants (19%).
Les Français sont particulièrement inquiets de l'IA générative. D'ailleurs, ils ne sont que 28% à l'utiliser chaque semaine contre 38% au niveau mondial. Mais 90% des Français expriment des préoccupations sur l'impact de l'IA, un niveau comparable à la moyenne mondiale (91%). Seulement 16% des répondants français pensent pouvoir identifier un deepfake de manière fiable, bien en deçà des 25% mondiaux.
L'enquête montre également que 83% des Français souhaitent que les entreprises technologiques restreignent les contenus illégaux et préjudiciables sur toutes les plateformes. Mais paradoxalement, 27% estiment que les géants du numérique bloquent trop de contenus. Les fonctionnalités de sécurité les plus demandées sont le filtrage ou le floutage des contenus à caractère sexuel (59%), la restriction des messages aux seuls contacts connus (49%) et les profils privés par défaut (42%).
Retrouvez l'étude complète ici.
Consultez le site officiel du gouvernement pour le Safer Internet Day