L'Union européenne veut sécuriser ses équipements de télécommunication d'un éventuel espionnage chinois. Elle va ainsi normalement expulser de ce secteur les géants chinois comme Huawei, et obliger les opérateurs à mener les travaux. Mais en France, ça ne devrait pas faire si mal.

© Huawei
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Les conflits entre l'Union européenne et la Chine ne manquent pas. Le dernier en date a pour origine une révision souhaitée du Cybersecurity Act, qui pourrait entraîner l'expulsion de géants étrangers de nos infrastructures de télécommunications. Ce qui pourrait toucher Huawei, ainsi que ZTE, et que Pékin assimile à des pratiques discriminatoires. Mais Bruxelles avance, et les opérateurs européens, dont les Français, vont devoir coopérer.

Les chantiers de sécurisation pourraient coûter au moins plusieurs milliards d'euros

La Commission européenne va à l'avenir être beaucoup plus ferme, sur la question des équipements télécoms. « Nous savons qu'il y a encore des fournisseurs à haut risque dans nos réseaux 5G, y compris dans des parties critiques. Nous allons donc désormais durcir les règles » a expliqué à Politico la vice-présidente de la Commission européenne, Henna Virkkunen.

Une obligation d'effectuer des travaux de changements d'équipements, et qui pourraient coûter 3 à 4 milliards d'euros. Une estimation très basse de la Commission, selon des spécialistes du secteur comme Connect Europe, qui les considère «probablement sous-estimés ».

Drapeau de l'union européenne

Les opérateurs français n'utilisent plus qu'assez peu du matériel Huawei aujourd'hui

Mais il faut aussi noter que tous les pays ne sont pas logés à la même enseigne. Car même si la majorité des nations de l'UE a rechigné à appliquer une interdiction totale, elles n'ont pas fait appel à des équipements Huawei avec la même intensité.

Une étude de Strand Consult publiée il y a deux ans indiquait ainsi que les entreprises chinoises n'avaient fourni que 17% des équipements 5G français, contre 60% pour l'Allemagne. En France, SFR et Bouygues Telecom ont dans ce cadre été des clients de Huawei, mais, affirme-t-on du côté d'un opérateur, « les équipements critiques et les cœurs de réseaux français ont rapidement été nettoyés. »

« Il doit rester une poignée d'équipements passifs, mais le cycle de renouvellement est rapide sur ce type de produit. En France, on devrait pouvoir gérer les choses sans paniquer » a-t-il par ailleurs été ajouté. Orange par contre se trouve devant un choix difficile, pour le fixe, ayant utilisé des milliers d'équipements Huawei pour des noeuds de raccordement optique. «Sur le fixe, il n'y a guère que Nokia et Huawei qui proposaient une partie des équipements. Ce n'est jamais bon de passer en mono-fournisseur » a précisé une source industrielle. Il va pourtant bien falloir s'y faire, vu la volonté affichée à Bruxelles.