Oubliez les prompts à rallonge et les croquis sur un coin de table. Moonshot AI vient de franchir un cap inquiétant de facilité : montrez une vidéo à son modèle Kimi 2.5, et il vous recrache le code. Tout le code.

Kimi frappe encore. © Shutterstock
Kimi frappe encore. © Shutterstock

Le « vibe coding » a le vent en poupe, c'est indéniable. Mais alors que Google tente péniblement de démocratiser la programmation par l'intuition — parfois au prix de catastrophes techniques mémorables —, la concurrence chinoise ne prend pas de vacances. Après la déferlante DeepSeek qui a secoué la Silicon Valley, c'est au tour de Moonshot AI de faire parler de lui. Cette fois, l'attaque ne porte pas sur la puissance brute de calcul, mais sur une fonctionnalité qui pourrait bien renvoyer vos wireframes au musée.

L'ère du copier-coller visuel prend une nouvelle dimension

Kimi k2.5 ne se contente pas de regarder une image fixe. Il digère des séquences entières. Vous lui donnez une capture vidéo d'une application existante, et le modèle s'attelle à en reproduire la structure et les interactions. Là où GPT-5.2 demande souvent des précisions textuelles pour comprendre qu'un bouton doit déclencher telle action, le modèle chinois déduit la logique fonctionnelle du mouvement observé image par image.

Kimi frappe encore. © Shutterstock
Kimi frappe encore. © Shutterstock

C'est une démonstration de force multimodale qui transforme un fichier vidéo en lignes de code HTML, CSS et Javascript exploitables quasi instantanément. La promesse est simple : passer de la démo visuelle au prototype fonctionnel (MVP) sans écrire une seule ligne de syntaxe, ni même décrire verbalement ce que l'on voit. Soutenu par une architecture MoE (Mixture-of-Experts) de 1000 milliards de paramètres (dont 32 milliards activés) et une fenêtre contextuelle de 256 000 tokens, Kimi k2.5 ne joue pas dans la cour des petits. Il s'accompagne même d'un nouvel outil en ligne de commande, « Kimi Code », conçu pour s'intégrer directement dans les éditeurs comme VSCode. L'objectif est clair : court-circuiter l'étape de spécification technique pour aller directement au résultat.

Quand la facilité technique cache une guerre d'influence

Cette prouesse technique soulève une question immédiate sur la fiabilité du code généré. Nous avons tous encore en tête les déboires récents du « vibe coding » à la sauce Google, où une IA un peu trop zélée a effacé l'intégralité d'un disque dur utilisateur. Si Kimi K2.5 impressionne par sa capacité d'imitation, il reste un outil probabiliste. Copier une interface est une chose, garantir la sécurité et la propreté du backend en est une autre.

Néanmoins, Moonshot AI confirme ici une tendance lourde : les acteurs chinois ne se contentent plus de suivre et casser les prix. Ils imposent le rythme des fonctionnalités grand public, forçant les géants américains à réagir dans l'urgence. En rendant le clonage d'interface aussi simple que l'envoi d'une vidéo TikTok, Moonshot AI abaisse drastiquement la barrière à l'entrée du développement web. Mais cette démocratisation à marche forcée risque de transformer le web en un vaste champ de clones, générés par des développeurs qui ne comprennent plus vraiment ce qu'ils produisent.

Source : Moonshot