Le directeur général d'Iliad, Thomas Reynaud, s'est exprimé cette semaine sur la question de la souveraineté numérique. Et il a donné quelques pistes d'amélioration sur le sujet.

Cette semaine était organisé le Sommet de la Souveraineté Technologique, au sein du ministère de l'Économie. Une question qui est devenue une nécessité vitale à l'heure où les grands blocs géopolitiques se forment, et où la main-mise sur des technologies permet d'effectuer des pressions politiques directes chez nous. Mais si la France veut avancer rapidement dans cette direction, elle devra sûrement effectuer des changements structurels.
Les infrastructures, la colonne vertébrale de toute souveraineté numérique
Comment allons-nous pouvoir bâtir une souveraineté numérique en France et en Europe ? Voilà un sujet sur lequel s'est exprimé Thomas Reynaud, directeur général d'Iliad (Free), pendant le sommet IMA à Bercy.
Il y a ainsi défini la souveraineté comme le « droit d'exister dans le monde de demain ». Et pour cela, un groupe comme Iliad fait sa part selon Thomas Reynaud, en développant les infrastructures qui sont la « colonne vertébrale de la souveraineté numérique », à savoir le déploiement de la fibre, de la 5G, et la construction de datacenters.

Les autorisation administratives ralentissent très fortement le développement des projets
Mais, explique-t-il, si les intentions sont là, l'environnement français actuel n'est par contre pas un accélérateur de projets - et plutôt même le contraire. Thomas Reynaud explique ainsi que les lourdeurs administratives françaises sont les principaux freins à l'avancée de notre souveraineté numérique. Il indique ainsi que la création d'un datacenter de 2 milliards de dollars doit passer à travers trois ans d'autorisations.
Il évoque notamment le problème de la « surtransposition du droit européen », avec une obligation européenne dont la durée d'application est multipliée plusieur fois au niveau français. Une étude d'impact faune et flore portée à trois mois par l'Union européenne devient ainsi une étape prenant au minimum une année quand elle se passe en France.
De quoi ralentir très fortement des projets, qui s'appuient pourtant sur des énergies décarbonées comme l'électricité produite par des centrales nucléaires quand les Américains avancent eux très vite sur des datacenters similaires, qui tourneront sans problème avec des énergies bien plus polluantes (comme celle issue de turbines à gaz). Alors, s'agit-il d'une piste de réflexion à explorer plus en profondeur ?
Source : ZDNet