Lancée début janvier, la consultation publique sur l'open source européen n'est pas passée inaperçue. Celle-ci a collecté déjà près de 600 réponses en seulement quelques jours, émanant d'organisations, de sociétés ou de citoyens.

Booster l'open source : Bruxelles reçoit des centaines de réponses pour faire avancer le projet
Booster l'open source : Bruxelles reçoit des centaines de réponses pour faire avancer le projet

La Commission européenne cherche à définir une stratégie pour réduire la dépendance du continent aux solutions propriétaires et notamment celles développées outre-Atlantique. Dans ce cadre, Bruxelles cherche des pistes pour orienter le financement ainsi que les législations futures afin de donner un élan aux initiatives open source.

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Une mobilisation citoyenne qui surprend Bruxelles

À l'heure où nous écrivons ces lignes, la consultation ouverte le 6 janvier 2026 affiche déjà 597 contributions, un chiffre rarissime pour ce type de procédure administrative. Pour mémoire, Bruxelles a lancé cette initiative pour transformer l'open source en levier économique et politique le 8 janvier.

Et le moins que l'on puisse dire, c'est que les répondants partagent tous une certaine frustration sur la situation. Un citoyen français explique : "Il est inacceptable que nos données, au motif de sauvegarde, soient dupliquées sur des serveurs obéissant à un autre cadre juridique que le nôtre et pouvant servir à alimenter d'autres systèmes que les nôtres".

Un contributeur slovaque résume le sentiment général : "L'Europe doit reprendre le contrôle sur sa chaîne d'approvisionnement logicielle pour protéger la liberté, la sécurité et l'innovation." Un internaute allemand ajoute : "Les logiciels open source combinés à des services d'hébergement européens haute performance pourraient être un très bon moyen d'avancer vers la souveraineté numérique et de s'éloigner du chantage des solutions propriétaires". Un citoyen polonais va plus loin et affirme que tout logiciel financé par l'argent public devrait être open source, permettant ainsi à l'ensemble de l'Union d'en profiter.

De toute évidence, Bruxelles a désormais de la matière pour mettre en œuvre un programme solide. Cette mobilisation n'est d'ailleurs pas isolée. Il y a eu plusieurs initiatives pour tenter de mettre en avant la souveraineté européenne. On retrouve également de plus en plus de catalogues proposant des logiciels et services européens pour les internautes souhaitant couper les ponts avec les solutions américaines.

5 objectifs pour bâtir une souveraineté numérique

Le document de la Commission expose cinq axes prioritaires. Le premier vise à valoriser les solutions open source européennes de qualité et sécurisées, tandis que le second est d'améliorer leur déploiement, leur ergonomie et la sécurité de la chaîne d'approvisionnement logicielle tout en garantissant la viabilité à long terme des projets.

Le troisième axe proposé par Bruxelles se concentrera sur le soutien des entreprises, fondations et partenariats public-privé spécialisés dans l'open source. La quatrième priorité sera d'encourager l'adoption et la contribution du secteur public, des industries clés et des grands clients par le partage de bonnes pratiques. Enfin, le cinquième point concerne l'intégration au marché, notamment avec les systèmes existants, et l'harmonisation des politiques entre États membres.

Cette stratégie devrait permettre de couvrir l'ensemble du cycle de vie de l'open source, du développement à la maintenance, dans des secteurs critiques comme l'intelligence artificielle, le cloud, l'edge computing, l'Internet des objets, la cybersécurité ou encore l'automobile. La Commission prévoit d'adopter ce document au premier trimestre 2026, après la clôture de la consultation le 3 février. Pour y ajouter votre voix, rendez-vous sur cette page.