La DINUM, l'AMIAD et le CND annoncent lundi s'associer pour déployer LaSuite, la plateforme collaborative souveraine de l'État français, au sein du ministère des Armées. Un partenariat d'un million d'euros qui va renforcer la souveraineté numérique française.

LaSuite devient la plateforme collaborative officielle du ministère des Armées français. © Alexandre Boero / Clubic
LaSuite devient la plateforme collaborative officielle du ministère des Armées français. © Alexandre Boero / Clubic

La France continue de poser ses pions sur le terrain de l'indépendance numérique. Ce lundi 12 janvier, trois acteurs clés du numérique d'État ont officialisé le partenariat stratégique autour de LaSuite, la suite collaborative souveraine développée par l'administration. Avec un million d'euros sur la table de budget, le ministère des Armées et des Anciens combattants devient le terrain d'expérimentation privilégié de cette suite collaborative française. Un moyen de reprendre garder le contrôle et d'affirmer son indépendance.

La plateforme collaborative française LaSuite adoptée par les armées tricolores

La Direction interministérielle du numérique (DINUM) ne manque pas d'ambition. Avec l'Agence ministérielle pour l'intelligence artificielle de défense (AMIAD) et le Commissariat au numérique de défense (CND), elle compte bien faire de LaSuite l'épine dorsale numérique du ministère des Armées et des Anciens combattants. La plateforme propose des services bureautiques et collaboratifs pensés pour l'administration, avec une promesse de souveraineté, d'ergonomie et de sécurité.

Dans LaSuite, on retrouve ainsi Tchap, pour la messagerie instantanée ; Visio, pour la vidéoconférence ; France Transfert, pour le transfert de fichiers volumineux ; Messagerie, comme boîte de courrier électronique ; et Fichiers, pour le stockage en ligne. La plateforme s'inscrit dans la lignée des produits interministériels déjà opérationnels comme FranceConnect, Demarche.numerique.gouv.fr ou data.gouv.fr.

Son objectif est d'offrir aux administrations une alternative crédible et évolutive, avec un argument d'autonomie stratégique, impératif pour l'État, qui prend tout son sens dans l'actuel contexte où les menaces cyber se multiplient.

Pour le ministère des Armées, le choix est plutôt légitime. Forcément, avec des contraintes de sécurité parmi les plus élevées de l'administration, la Défense devient le banc d'essai idéal pour éprouver ces outils. L'AMIAD et le CND contribuent ainsi au développement de fonctionnalités spécifiques aux environnements à haute contrainte de sécurité. Un pari audacieux, qui engage la crédibilité de tous les partenaires.

Capture d'écran de la plateforme LaSuite, avec ici le service France Transfert. © Alexandre Boero / Clubic
Capture d'écran de la plateforme LaSuite, avec ici le service France Transfert. © Alexandre Boero / Clubic

Comment sera utilisé le budget d'un million d'euros alloué à LaSuite

Le million d'euros débloqué pour 2025 servira à trois grands chantiers. D'abord, il permettra de renforcer la robustesse et la sécurité des outils déjà en place, pour éviter toute intrusion. Ensuite, il soutiendra la création de nouvelles fonctionnalités ultra-sécurisées, taillées sur mesure pour les besoins militaires. Enfin, il alimentera le développement global de LaSuite, dont la feuille de route reste pilotée par la DINUM.

Côté organisation, les rôles ont été clairement définis. La DINUM s'occupe du concret, puisqu'elle gère le suivi budgétaire, lance les appels d'offres et supervise la réalisation technique. L'AMIAD, elle, joue les éclaireurs en fournissant les éléments d'information et les besoins spécifiques pour orienter les développements. En d'autres termes, elle définit ce dont les militaires ont vraiment besoin. Un duo complémentaire, avec un suivi mensuel pour éviter les dérapages. Le rendez-vous est d'ores et déjà fixé au 31 décembre 2026 pour le bilan.

Les trois capitaines du projet ne cachent pas leur ambition. Pour Stéphanie Schaer, directrice de la DINUM, c'est l'occasion de tester LaSuite dans un environnement ultra-exigeant. Bertrand Rondepierre, directeur de l'AMIAD, y voit le moyen « d'équiper nos agents avec des outils sécurisés, performants et adaptés aux enjeux de la Défense ». Erwan Rolland, commissaire au numérique de défense, salue quant à lui « les perspectives solides pour renforcer notre souveraineté numérique ». Prouver qu'une alternative souveraine basée sur l'open source peut rivaliser avec les géants du secteur, voilà ce que veut prouver la France.