Une coalition de 19 associations a écrit à la Commission européenne pour réclamer un chargeur commun pour les vélos électriques et les engins légers électriques comme les trottinettes. Le mouvement pointe des problèmes concrets liés à la multiplicité des chargeurs et à leurs conséquences pratiques.

Des cyclistes et des associations de consommateurs ont adressé une lettre à Bruxelles pour demander un chargeur universel pour vélos électriques. Les organisations abordent des questions de sécurité, l'impact environnemental, la gestion des flottes et l'harmonisation des équipements des usagers. Parmi les signataires, l’allemande Deutsche Umwelthilfe et la française Respire déplorent l’absence de règles communes dans l’Union alors que des standards existent pour d’autres appareils électroniques et pour les voitures électriques. Elles souhaitent que l’UE examine comment harmoniser les systèmes de recharge afin de réduire les contraintes pour les utilisateurs et les exploitants de flottes.
Trop de chargeurs différents sur le marché qui compliquent l’usage et la sécurité des vélos électriques
Dans le secteur des vélos électriques, chaque marque propose des modèles de chargeurs distincts et parfois différents selon le modèle. Les utilisateurs multiplient les blocs pour pouvoir alimenter leurs machines. Les associations expliquent que « les chargeurs propriétaires peuvent aussi être un obstacle pour la réparabilité et la durabilité » et qu’il existe des cas dans lesquels « les utilisateurs ne peuvent plus utiliser leur vélo électrique car leur chargeur est défectueux ou n’est plus disponible ». Même ce constructeur, qui propose un câble USB-C pour recharger son biclou ne fait pas le poids.
Autre souci de taille. Quand une flotte mélange plusieurs batteries de marques différentes, les chargeurs qui se branchent physiquement mais ignorent les protocoles, broches ou tensions correctes provoquent des complications. Les opérateurs doivent prévoir davantage de matériel et multiplier les vérifications, ce qui alourdit la gestion et augmente les coûts. L’association allemande ADAC signale qu’une telle diversité augmente d'un côté la production de déchets et dimune de l'autre l’efficacité des solutions de mobilité électrique.

Pour les associations, la création d’un chargeur commun serait un moyen de planifier des réseaux et d’encadrer la réglementation
Pour les associations, la création d’un chargeur commun serait un moyen de planifier des réseaux de recharge publics et privés adaptés à différents types de véhicules légers. Dans la lettre adressée à Bruxelles, elles indiquent que la multiplication des modèles « rend presque impossible l’installation d’un réseau de recharge public ou privé pour vélos électriques » et fait peser un surcoût sur les exploitants de flottes.
Pour guider l’UE, elles proposent de s’appuyer sur les réglementations existantes sur l’écoconception et sur les batteries. L’USB‑C est une option sérieuse car plusieurs vélos l’utilisent déjà depuis 2025, et sa normalisation pour d’autres appareils électroniques dans l’Union depuis fin 2024 faciliterait l’adoption d’un standard unique pour les moyens de transport légers.
Les organisations rappellent que l’Europe a imposé l’USB‑C pour les téléphones et tablettes afin de réduire les déchets et simplifier l’usage des consommateurs. Elles estiment logique d'étendre cette logique aux véhicules légers pour la recharge électrique, pour que cyclistes et opérateurs de flottes organisent mieux leurs infrastructures.
Il y avait eu un précédent, en 2024. La réglementation européenne sur les batteries avait alors demande à la Commission d’étudier comment introduire un standard de chargeur commun pour les moyens légers de transport d’ici janvier 2025. Lettre morte.
Source : Deutsche Umwelthilfe