Un site majeur d'Orange à Marseille a été touché par des tirs à balles réelles pendant le réveillon. Le syndicat CFE-CGC demande le transfert immédiat des salariés face à l'escalade du narcotrafic, mais la criticité du site pose problème.

Quelques semaines seulement après sa réouverture, le site d'Orange de Saint-Mauront, à Marseille, a encore une fois été pris pour cible. Pendant le week-end prolongé du Nouvel An, les locaux de l'opérateur télécoms ont essuyé des tirs à balles réelles. Les projectiles ont traversé les vitres du rez-de-chaussée et du deuxième étage, selon l'organisation CFE-CGC Orange, qui s'est exprimée ce lundi 5 janvier. Le premier syndicat du groupe exige maintenant le transfert définitif des plus de mille employés vers d'autres sites marseillais.
Le site Orange de Saint-Mauront à Marseille criblé de balles pendant le réveillon
Les photos ne laissent aucun doute. Sur les clichés diffusés par la CFE-CGC Orange et consultés par Clubic ce lundi, on voit clairement des impacts de balles, avec des règles graduées placées à côté pour mesurer les dégâts lors d'une enquête. Les vitres du rez-de-chaussée et du deuxième étage ont été transpercées. Des investigations policières sont en cours pour identifier d'autres projectiles enfoncés dans les murs du bâtiment.
Le bilan aurait pu être dramatique, mais aucune victime n'est à déplorer, selon le syndicat. Fort heureusement, l'attaque, qui relève sans doute de l'intimidation, est survenue pendant le week-end du réveillon, quand le site était vraisemblablement fermé. Sur le site Orange de Saint-Mauront, situé sur le boulevard National, à quelques minutes à pied de la cité Félix Pyat, le narcotrafic impose sa loi, et certains bâtiments d'entreprise semblent être pris pour cible.
Cette nouvelle frayeur intervient à peine un peu plus de deux semaines après la réouverture du site, intervenue mi-décembre, elle-même consécutive à une fermeture le 28 novembre dernier. Orange avait alors placé ses équipes administratives en télétravail pendant quinze jours. Seulement 380 salariés sur plus d'un millier avaient fait leur retour lors de la réouverture, malgré un renforcement policier qualifié de « temporaire et exceptionnel ».

Les salariés demandent à être reçue par le ministère de l'Intérieur, la direction d'Orange veut la sécurité des employés
Dans son communiqué du 5 janvier, la CFE-CGC Orange, premier syndicat de l'opérateur historique, réclame que la direction transfère tous les personnels en activité tertiaire vers d'autres sites Orange de Marseille. Pour lui, ces tirs rendent impossible le maintien des employés, hormis ceux dédiés au réseau télécoms en sous-sol.
Le syndicat en profite pour tacler les autorités. Il voit là « un cinglant désaveu » de la préfète de police déléguée Corinne Simon. Cette dernière affirmait mi-décembre ne pas avoir reçu d'appel au 17 de la part d'Orange, évoquant à l'époque une simple « perception d'insécurité ». Manifestement, le danger était bien réel.
La CFE-CGC demande maintenant à être reçue rapidement par le ministère de l'Intérieur. Avec pour objectif de retenir les moyens nécessaires pour « reprendre le contrôle du quartier de Saint-Mauront », situé à proximité d'une cité où plusieurs points de deal fonctionnent ouvertement. Car la question reste entière : comment assurer la sécurité des salariés face à cette emprise du narcotrafic ?
De son côté, la direction d'Orange, contactée par Clubic, nous confirme que la préfète est venue constater les dégâts, ce lundi matin sur place. L'opérateur reste très en lien avec la police pour assurer la sécurité des salariés sur les horaires de travail, avec un dispositif renforcé, qui devrait être adapté. « La priorité, ça reste la sécurité des salariés bien sûr », nous dit l'opérateur. Ainsi que la continuité d'activité. « C'est un site technique majeur, donc impossible à fermer », ajoute-t-il.