Fini les regards en biais sur vos conversations privées dans la ligne 13. Samsung s’apprête à torpiller le marché des filtres de confidentialité en verre trempé avec une solution logicielle et matérielle d’une efficacité redoutable.

Nous savions déjà que le géant coréen traversait une zone de turbulence financière. Alors que les analystes se focalisent sur la hausse des tarifs due à la pénurie de composants, les ingénieurs de Séoul préparaient en douce une contre-attaque technique. Vous pensiez que la luminosité maximale était le dernier champ de bataille des dalles OLED ? Détrompez-vous. La prochaine guerre se jouera sur ce que votre voisin de siège ne pourra pas voir.
Flex Magic Pixel : la fin de l’indiscrétion publique
L'information nous vient tout droit des lignes de code de la future interface One UI 8.5, corroborée par plusieurs fuites industrielles récentes. Samsung compte intégrer une technologie baptisée « Flex Magic Pixel » directement au cœur de la dalle du Galaxy S26 Ultra. Le principe est d’une simplicité biblique, mais d’une complexité technique folle : modifier électriquement l’angle de vision des pixels OLED à la demande. Concrètement, lorsque vous activez ce mode, l’écran reste parfaitement lisible pour vous, qui êtes en face, mais devient totalement noir ou flou pour toute personne située à plus de 30 degrés sur les côtés.
Ce n'est pas tout. Samsung ne se contente pas d'un simple interrupteur on/off dans le volet des raccourcis. Le système s'appuierait sur une couche d'intelligence artificielle capable de détecter votre contexte. Vous ouvrez votre application bancaire ou une messagerie sécurisée ? Le téléphone restreint automatiquement les angles de vision. Mieux encore, certains rapports indiquent que l'appareil pourrait repérer si vous êtes dans un environnement bondé, comme un métro aux heures de pointe, pour activer cette protection sans que vous ayez à lever le petit doigt.
Quand la vie privée devient un produit de luxe
En intégrant cette fonction nativement, Samsung cherche à créer un nouveau standard de « confidentialité active » que ses concurrents chinois auront du mal à copier rapidement sans accès aux dalles propriétaires de Samsung Display. C'est aussi un moyen habile de justifier l'étiquette tarifaire de plus en plus salée du modèle Ultra. Là où Apple mise tout sur l'écosystème, Samsung tente de redonner une valeur utilitaire brute au matériel.
Il faut y voir une stratégie à double détente. D'un côté, Samsung répond à un besoin réel des utilisateurs urbains fatigués du « shoulder surfing » (le piratage visuel par-dessus l'épaule). De l'autre, l'entreprise se tire une balle dans le pied, ou plutôt dans celui de ses partenaires accessoiristes, en rendant obsolète tout un segment du marché des protections d'écran. Si le Galaxy S26 Ultra parvient réellement à masquer vos données sensibles sans assombrir l'écran ni dénaturer les couleurs, ce qui est le défaut majeur des filtres physiques actuels, alors le pari sera gagné. Reste à savoir si cette fonctionnalité sera exclusive au modèle Ultra ou si elle ruissellera sur le reste de la gamme, mais connaissant la maison, la confidentialité aura un prix.
Source : Android Authority