Une installation XXL de Stranger Things, financée par Netflix, s'invite à la Fête des Lumières de Lyon cette année. Si les fans de la série trépignent déjà d'impatience, l'opération à 152 000 euros provoque de sérieux remous au conseil municipal, qui y voit une publicité déguisée.

Plusieurs élus dénoncent une opération publicitaire déguisée en mécénat culturel. © Shutterstock
Plusieurs élus dénoncent une opération publicitaire déguisée en mécénat culturel. © Shutterstock

Pour son édition 2025, la célèbre Fête des Lumières a décidé de faire voyager ses visiteurs. Direction Hawkins, la ville fictive de la série à succès de Netflix. Du 5 au 8 décembre, la place Sathonay accueillera « Stranger Lights », une œuvre immersive qui nous plonge directement dans l'univers des frères Duffer. Mais ce mariage entre tradition lyonnaise et géant du streaming américain fait grincer des dents, certains élus y voyant une opération marketing plus qu'un geste artistique.

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L'art ou la pub ? La frontière est mince

C'est le genre de débat qui anime les conseils municipaux. D'un côté, nous avons une installation spectaculaire qui promet de recréer l'atmosphère si particulière de la série, avec ses néons et son ambiance années 80. De l'autre, une question de principe : peut-on accepter qu'une plateforme de vidéo à la demande finance une œuvre au cœur d'un événement culturel public ? Nathalie Perrin-Gilbert, ancienne adjointe à la culture, n'a pas mâché ses mots. Pour elle, c'est clair, Netflix a pris les commandes. « Une mise en avant directe d'une marque commerciale », voilà comment elle décrit l'opération, regrettant que la direction artistique de la Fête ait perdu la main sur ce projet.​

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27 novembre 2025 à 09h00
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Et elle n'est pas la seule à s'inquiéter. Béatrice Gailliout pointe du doigt une première historique fâcheuse : jamais une œuvre de la Fête des Lumières n'aurait autant ressemblé à une collaboration commerciale. Le fait que cela arrive sous le mandat de Grégory Doucet, maire écologiste, ajoute un peu de sel à la polémique, surtout quand on évoque les pratiques d'optimisation fiscale du géant américain.

Une défense tout en nuances

Face à la fronde, la mairie tente de calmer le jeu. Audrey Henocque, l'actuelle adjointe à la culture, tient à mettre les points sur les i : pour elle, c'est bien du mécénat. La ville prête la place à un artiste, et Netflix paie l'artiste. Simple, non ? C'est l'argument principal pour défendre l'intégrité de l'événement. Julien Pavillard, le directeur artistique, préfère insister sur l'expérience. Il évoque « cet apport un petit peu inquiétant, un petit peu merveilleux » que la série peut apporter à la fête.

La Fête des Lumières lyonnaise accueille une installation inspirée de Stranger Things financée par Netflix à hauteur de 152 000 euros. © Ville de Lyon

L'objectif est clair : offrir aux visiteurs une expérience unique. La place Sathonay va devenir un véritable décor de cinéma à ciel ouvert. On nous promet une immersion totale, avec des jeux de lumière et des effets sonores qui devraient ravir les amateurs de frissons.

Un timing qui ne doit rien au hasard

Il faut dire que le calendrier tombe à pic pour Netflix. Avec la première partie de la saison 5 qui vient tout juste de sortir fin novembre et le grand final prévu pour les fêtes, la plateforme s'offre une visibilité en or. La Fête des Lumières, c'est des millions de visiteurs dans les rues. Difficile de rêver meilleure vitrine pour rappeler à tout le monde que la fin de Stranger Things approche.

Alors, coup de génie marketing ou vraie proposition artistique ? Probablement un peu des deux. Quoi qu'il en soit, « Stranger Lights » sera bien là pour illuminer nos soirées de décembre, polémique ou non. Rendez-vous place Sathonay pour juger sur pièce.

Source : Euronews